Une fillette fauchée par des gendarmes

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Une fillette fauchée par des gendarmes
L'accident a eu lieu sur le rond-point de la Gitonnière, à Joué-les-Tours@ LAURE DAUTRICHE/EUROPE 1
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La camionnette de gendarmerie a percuté un groupe de 23 enfants lundi, en Indre-et-Loire.

Une camionnette banalisée de la gendarmerie a renversé un groupe de 23 enfants, âgés de 6 à 11 ans, à Joué-lès-Tours, en Indre-et-Loire, lundi après-midi. Une fillette de huit ans est morte peu de temps après l'accident, selon les informations recueillies par Europe 1. Six autres enfants ont été grièvement blessés. Ils ont été évacués vers plusieurs hôpitaux de la régions. Deux d'entre eux étaient toujours dans un état critique mardi matin et leur pronostic vital est engagé, selon un porte-parole du ministère de l'Intérieur qui s'est rendu sur place. Dix autres enfants ont été plus légèrement blessés, selon le procureur Philippe Varin.

Le plan rouge déclenché

L'accident a eu lieu lundi, aux alentours de 15 heures, au rond-point de la Gitonnière, dans cette commune située au sud de Tours. Selon un communiqué de la préfecture, la camionnette des gendarmes a glissé sur une plaque d'huile. L'hypothèse n'a néanmoins pas été vérifiée officiellement.

Pour le moment, les policiers restent prudents sur les causes de l'accident, et se concentrent sur les faits : le gendarme, dans sa camionnette blanche banalisée, a heurté un poteau, puis il a dérapé sur le grand rond-point bétonné. Avant de heurter le groupe d'enfants, de l'école primaire Mignonne, qui marchaient sur le trottoir. Pour le procureur, la vitesse pourrait être à l'origine du drame. "Il semble que le conducteur ait perdu le contrôle du véhicule dans le virage", a-t-il déclaré au micro d'Europe 1.

Mardi matin, plusieurs hypothèses étaient encore à l'étude par les enquêteurs : la vitesse, un malaise du gendarme ou un dérapage en raison d'une tâche d'huile sur la route.

"Défaillance humaine"

Selon les premiers éléments de l'enquête rapportés par le procureur, "le gendarme a une alcoolémie négative". Et ses premières déclarations attestent d'une "perte de contrôle" de son véhicule. "Pour l'instant, nous ne disposons d'aucune donnée technique à part la défaillance humaine", poursuit le procureur. Le gendarme a passé la nuit de lundi à mardi en garde à vue.

Le plan rouge de gestion des catastrophes a été déclenché. Le maire de Joué-lès-Tours et le préfet se sont rendus sur place. Le gendarme qui conduisait la camionnette à l'origine de l'accident a été placé en garde à vue. L'enquête a été confiée au commissariat de police de Tours. Le véhicule du gendarme va maintenant être analysé.

Guéant et Chatel sur place mardi matin

En attendant, une cellule psychologique a été mise en place pour les familles des enfants. Et une cellule d'écoute va être installée à l'école mardi pour les enfants qui souhaitent parler. Les cours devaient reprendre. "On va essayer de travailler normalement, mais on est en deuil", a confié le directeur de l'école à Europe 1.

De son côté, Nicolas Sarkozy a fait part, dans un communiqué, de sa "profonde émotion". Il a également demandé au ministre de l'Intérieur Claude Guéant et au ministre de l'Education Luc Chatel de "se rendre sur les lieux du drame dans les meilleurs délais". Les deux ministres se rendront donc sur place mardi matin. Le président de la République a aussi souhaité qu'une enquête soit menée "le plus rapidement possible" pour déterminer les causes de l'accident.

Une marche silencieuse

Dans la soirée, une centaine de personnes se sont rassemblées sur les lieux de l'accident pour une marche silencieuse. Des habitants du quartier et des témoins ont accroché des fleurs sur un grillage, enfoncé par le fourgon de la gendarmerie.