Une femme en niqab exclue du tribunal

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Une femme en niqab exclue du tribunal
@ REUTERS
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Une femme intégralement voilée, assise dans le public d'un procès, a été exclue de la salle.

Le tribunal de Bobigny, en Seine Saint-Denis, a été amené vendredi à exclure de la salle d’audience une femme intégralement voilée qui a refusé d’ôter la partie dissimulant son visage.

"Les personnes dont le visage est visible sont autorisées à rester dans la salle en conservant leur foulard. Contrairement à la personne au premier rang dont seuls les yeux sont visibles", a martelé la présidente du tribunal, avant d’ajouter: "elle est invitée à quitter la salle ou à (retirer) son voile". Le parquet s’était pour sa part abstenu de demander cette exclusion.

"Je m'y attendais"

"Je ne suis pas étonnée. Je m'y attendais, mais j'ai quand même pris le risque", a réagi la cette femme dont on ne pouvait voir que les yeux bleus. Cette femme a refusé de décliner son identité, se limitant à indiquer qu'elle avait 35 ans et venait de la commune proche de Saint-Denis.

Cette exclusion a eu lieu en marge d'un procès correctionnel concernant deux hommes soupçonnés de s'être introduits en juin au domicile de l'imam de Drancy, Hassan Chalghoumi, qui se veut la figure d'un islam modéré.

Partisan d’un Islam de France, ce dernier avait justement pris position pour une loi contre le voile intégral, au risque de se voir accuser de "dénaturer" l'islam par plusieurs collectifs radicaux.

L’imam face au collectif Cheikh Yacine

La présence de cette femme intégralement voilée n’est donc pas entièrement anodine. D’autant que les deux prévenus étaient soutenus par Abdel-Hakim Sefrioui, président du collectif radical pro-palestinien Cheikh Yacine.

Entre janvier et mars 2010, la mosquée de Drancy avait été le théâtre de vives tensions entre l'association dirigée par l’imam Drancy et le collectif dirigé par Abdel-Hakim Sefrioui.

"Cette femme a été exclue comme une malpropre en disant qu'elle ne fait pas partie des citoyens qui ont le droit à la justice dans ce pays", a déploré ce dernier, avant de conclure : "tout cela donne le ton de ce qui va se passer à l'avenir".

Cette décision du tribunal de Bobigny intervient alors que le Conseil constitutionnel a validé jeudi la loi interdisant la burqa et le niqab dans l'espace public. Le texte doit encore être promulgué pour entrer en application.