Une de Minute sur Taubira : le parquet fait appel

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Une de Minute sur Taubira : le parquet fait appel
@ REUTERS/Benoit Tessier
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RACISME - Le directeur de la publication de Minute avait été condamné 10.000 euros d'amende pour sa une comparant la ministre de la Justice Christiane Taubira à un singe. Une peine jugée clémente par le parquet. 

L'info. Le parquet de Paris a fait appel mercredi de la condamnation du directeur de la publication de l'hebdomadaire d'extrême droite Minute pour sa une comparant la ministre de la Justice Christiane Taubira à un singe. Le 30 octobre, Jean-Marie Molitor avait été condamné à 10.000 euros d'amende pour injure raciale. Une peine inférieure aux réquisitions du parquet, qui outre l'amende de 10.000 euros, avait requis trois mois de prison avec sursis.

Dans son édition du 13 novembre 2013, le journal avait publié une photo de la garde des Sceaux, avec ce titre: "Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane". Peu de temps avant la parution de cette Une, Mme Taubira avait été la cible de propos racistes du même acabit, de la part d'une jeune fille lors d'une manifestation d'opposants au mariage homosexuel ou encore d'une ex-candidate FN aux municipales dans les Ardennes, qui a été condamnée à neuf mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Cayenne (Guyane).

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L'avocat de Jean-Marie Molitor dénonce un "acharnement". Le ministère public a également fait appel de la relaxe de M. Molitor et du dessinateur David Miège dans un autre dossier jugé à la même audience. En cause, un dessin paru fin octobre 2013 représentant un singe, versant une larme, dont l'avocat déclarait : "Mon client porte plainte pour avoir été odieusement caricaturé en madame Taubira". Le parquet avait requis un mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende contre Jean-Marie Molitor et 2.000 euros d'amende, dont la moitié avec sursis, contre le dessinateur David Miège.

L'avocat de Jean-Marie Molitor, Me Frédéric Pichon, a estimé que l'appel du parquet témoigne d'un "acharnement" et que, si la garde des Sceaux n'était pas partie à la procédure, "le ministère public est un petit soldat servile, aux ordres de son supérieur hiérarchique".