Une Brésilienne de retour aux assises

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Une Brésilienne de retour aux assises
La Brésilienne Denize Soares est jugée devant la cour d'assises de l'Isère pour le meurtre qu'elle nie, de son compagnon en 2004.@ MaxPPP
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Denize Soares est jugée à Grenoble pour l’assassinat de son compagnon, au Brésil. Elle nie.

Denize Soares revient lundi devant les assises de l'Isère. Cette brésilienne de 43 ans est accusée d’avoir empoisonné en 2004 son compagnon grenoblois, dont le corps avait été retrouvé quatre ans plus tard dans une carrière de sable au Brésil. Il y a huit mois, une première audience avait tourné court à la suite d'une série d'incidents de procédure.

Des versions fluctuantes de l’accusée

Denize Soares s'était rendue avec son compagnon, Sébastien Brun, et leur fils de 18 mois dans la baie de Salvador de Bahia, au Brésil, pour présenter l'enfant à sa famille en août 2004. Elle était rentrée en France, trois semaines plus tard, sans son conjoint. Poursuivie pour assassinat, l’accusée est soupçonnée d'avoir administré à son compagnon âgé de 31 ans des doses mortelles de cyanure puis d’avoir fait disparaître son corps.Des charges qu'elle nie.

A son retour en France, Denize Soares avait raconté à ses beaux-parents, qui l'employaient dans leur magasin de fleurs à Grenoble, que leur fils était "tombé sous le charme du Brésil et avait décidé de prolonger son séjour". Problème, elle avait par la suite changé sa version des faits à plusieurs reprises. De leur côté, les parents avaient reçu plusieurs cartes postales écrites par leur fils. Mais l'enquête avait permis de révéler qu'elles avaient été envoyées par Denize Soares lors de séjours effectués après la disparition.

Les parents de la victime découvrent le pot-aux-roses

Sans appel téléphonique de leur fils pendant près de huit mois et alertés par des débits avoisinant 10.000 euros sur son compte bancaire, les parents de Sébastien s'étaient finalement rendus au Brésil début 2005 pour mener leur propre enquête.

Découvrant que personne n'habitait à son adresse supposée et que tout le monde croyait leur fils en France, le couple avait déposé plainte auprès des polices française et brésilienne, débouchant sur une enquête longue de quatre ans.

Les confidences du frère de Denize Soares

Arrêtée en septembre 2006, Denize Soares avait été remise en liberté un an plus tard, faute de preuves et en l'absence de cadavre. Mais, en avril 2008, l'enquête avait connu un rebondissement grâce à un témoignage inattendu. Un Brésilien affirmait en effet aux enquêteurs avoir reçu les confidences d'un frère de Denize Soares, Messias. Ce dernier aurait aidé sa soeur à enfouir le cadavre dans le sable, lequel était retrouvé, sur les indications du témoin, dans une carrière isolée près de la baie de Salvador de Bahia.

Messias Soares avouait alors aux policiers comment cette dernière l'avait chargé d'acheter un produit qu'elle avait versé dans la bière de son compagnon. Elle lui aurait ensuite demandé de l'aider à faire disparaître le corps. Le lendemain, Denize Soares était interpellée pour la seconde fois et placée en détention provisoire.

Depuis lors, Denize Soares nie avoir joué un rôle dans l'assassinat de son compagnon. Elle affirme que son frère a agi seul. "Ce n'est pas parce qu'elle a menti à tire-larigot qu'elle est coupable", fait valoir Me Joëlle Vernay, l'une de ses quatre avocats.

Un témoignage très attendu

Le témoignage du frère de l'accusée, qui doit être entendu par visio-conférence depuis le Brésil, sera un des moments-clés du procès. "Un expert brésilien a dit qu'il était atteint d'une pathologie qui l'empêchait de comprendre ce qu'il faisait" au moment des faits, a indiqué Me Vernay. En outre, il a disculpé sa soeur de toute responsabilité dans la mort de Sébastien Brun.

"C'est une manipulation de plus de Denize Soares", s'insurge Me Claude Coutaz, avocat des parents de Sébastien Brun. Celui-ci souligne que l'accusée avait "déjà tenté d'influencer son frère pour qu'il se rétracte". Le procès doit se terminer le 31 octobre. Poursuivie pour assassinat, Denize Soares encourt la réclusion criminelle à perpétuité.