Un policier tué, ETA impliquée

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Un policier tué, ETA impliquée
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Le drame a eu lieu à Dammarie-les-Lys. Le parquet antiterroriste a été saisi de l'affaire.

Un policier a été tué mardi soir, à Dammarie-les-Lys, en Seine-et-Marne. Il a été pris pour cible par des malfaiteurs qui venaient de voler des voitures. L'un d'eux a été interpellé et placé en garde à vue. De nationalité espagnole, son identité correspondrait à celle d'un membre de l'ETA en cavale depuis une semaine, selon les informations collectées par Europe 1. Apprenti terroriste basque, le jeune homme, âgé de 27 ans, était activement recherché par la justice espagnole pour des violences urbaines à Pampelune, en Espagne.

La sous-direction antiterroriste a été co-saisie de l'enquête, avec la police judiciaire de Versailles, par le parquet anti-terroriste.

La fusillade a éclaté vers 19 heures. Les malfaiteurs venaient de repartir d'un dépôt-vente de véhicules d'occasion où ils avaient dérobé, sous la menace d'une arme, une demi-douzaine de voitures. Alors qu'ils s'engageaient dans un chemin de traverse à vive allure, une patrouille du commissariat local qui passait par hasard les a aperçus.

Les policiers ont tenté de procéder à un contrôle. D'autres véhicules sont alors arrivés par derrière et les tirs ont commencé. Les policiers auraient tenté de riposter.

Tué malgré son gilet pare-balles

Le policier tué est un brigadier-chef de 52 ans. Blessé au thorax malgré son gilet pare-balles, il a succombé une heure plus tard. Il était le père de quatre enfants. Les trois autres agents présents à ses côtés sont indemnes.

Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, s'est immédiatement rendu sur place. Il a rencontré les fonctionnaires du commissariat de Dammarie-les-Lys et des membres du SAMU 77. A sa sortie, il n'a pas fait de commentaires.François Fillon, de son côté, a estimé que le policier Marne a été "froidement assassiné par un groupe terroriste".

Mercredi, le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, a attribué sans hésitation le meurtre de ce brigadier-chef de 52 ans à "une action criminelle de la bande terroriste ETA. "Cette fois, la France a payé un prix élevé pour sa collaboration dans la lutte contre l'ETA, si importante pour notre liberté et pour notre sécurité", a-t-il dit mercredi à Madrid dans les couloirs du Congrès des députés. Il a dit ressentir la mort du policier français "comme s'il s'agissait d'un membre des forces de sécurité espagnoles."

La piste de l'ETA

L'enquête ne fait que commencer mais l'implication de membres de l'ETA semble se confirmer. Le commando comprendrait entre 6 et 10 personnes, dont une femme. Tous, à l'exception de l'homme arrêté, ont réussi à s'enfuir. Une de leurs armes, un revolver, a été retrouvée sur les lieux de la fusillade.

Si la piste de l'ETA se confirme, il s'agirait du premier meurtre d'un policier français dans l'histoire de l'organisation séparatiste basque.

"On n'hésite plus à tirer sur des policiers qui sont en première ligne dans la sécurité de nos concitoyens", a réagi Yannick Danio, porte-parole de l'union SGP-Unité police. "Emotion et colère sont les deux mots qui me viennent à l'esprit", a dit pour sa part Jean-Claude Delage secrétaire général d'Alliance.