Un policier renvoyé aux assises pour la mort d'un délinquant

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Un policier renvoyé aux assises pour la mort d'un délinquant
@ Max PPP
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En 2012, le policier, mis en examen pour "homicide volontaire", avait tué d'une balle dans le dos Amine Bentounsi, un délinquant recherché. Les faits ont finalement été requalifiés.

Il avait reçu le soutien d'une centaine de policiers. Le fonctionnaire sera finalement jugé pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner", devant la cour d'assises de Seine-Saint-Denis. Initialement mis en examen pour "homicide volontaire", ce gardien de la paix de 35 ans sera jugé pour des faits requalifiés, selon Mediapart. En avril 2012, à Noisy-le-Sec, ce policier avait tué d'une balle dans le dos Amine Bentounsi, un délinquant recherché.

"Permettre un débat public". Selon Daniel Merchat, avocat du policier, "le juge a estimé qu'il n'avait pas eu l'intention de tuer". "Les faits ont été requalifiés de façon à ce qu'il y ait un débat public et qu'une décision collégiale puisse être prise", a déclaré l'avocat, précisant qu'il ne ferait pas appel de ce renvoi.

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Tué de quatre balles dans le corps. Amine Bentounsi, 29 ans est mort le soir du 21 avril 2012, après avoir reçu une balle dans le dos. L'homme, plusieurs fois condamné par la justice et recherché car il devait encore purger une peine de prison, avait pris la fuite alors qu'une patrouille de police voulait le contrôler devant un bar de Noisy-le-Sec. L'un des fonctionnaires, qui avait tenté de l'interpeller en faisant le tour avec son véhicule, s'était dit "braqué" par le fuyard et avait tiré quatre fois en sa direction.

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Une affaire qui avait mobilisé de nombreux policiers. Le gardien de la paix, qui a toujours argué de la légitime défense, encourt une peine maximale de 15 ans d'emprisonnement. Après sa mise en examen pour "homicide volontaire", les policiers avaient organisé plusieurs rassemblements en solidarité avec leur collègue et pour réclamer une réforme de la légitime défense, notamment en défilant sirènes hurlantes et dans leur voiture de service sur les Champs-Elysées. Ils avaient été reçus par les candidats à la présidentielle Nicolas Sarkozy et François Hollande.

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