Un père de Lunel porte plainte après la mort de son fils en Syrie

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Un père de Lunel porte plainte après la mort de son fils en Syrie
@ AFP
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Raphaël, parti depuis Lunel faire le djihad, est mort en Syrie. Son père a déposé plainte pour "incitation à commettre des actes de terrorisme".

Il avait 23 ans. Arrivé en juillet dernier en Syrie, Raphaël est mort quelques mois plus tard, dans un bombardement de la ville de Deir ez-Zor, non loin de la frontière irakienne. Son père, Laurent Amar, a décidé de porter plainte auprès du procureur de la République de Montpellier, pour "incitation à commettre des actes de terrorisme", rapporte le quotidien Midi Libre.

"Le droit de savoir". "Ce père veut savoir quel processus a conduit son fils, parti de Lunel dans l'Hérault, à mourir explosé sur les murailles d'un petit village de Syrie. Il a le droit de savoir ce qui s'est passé", a déclaré au quotidien son avocat, Me Jean-Robert Phung. Le fils de Laurent, converti en 2010 à l'islam, fréquentait la mosquée El-Baraka de Lunel, dans le collimateur du Conseil français du culte musulman. Etudiant en école d'ingénieurs en informatique, à Montpellier, Raphaël avait annoncé à ses parents son départ en Syrie à l'été 2014. 

Raphaël avait menti sur les raisons réelles de son départ. Mais il leur avait menti sur les motifs de ce voyage, avançant partir pour aider la population locale. La famille de Pierre Choulet, un autre jeune Français mort dans une opération kamikaze en février dernier, pensait elle aussi que le jeune homme était parti dans une optique humanitaire en Syrie.

Selon l'avocat du père de Raphaël, son fils aurait été endoctriné en fréquentant la mosquée de Lunel et une association locale. "Il y avait des retraites avec Coran organisées dans l'arrière-pays lunellois", a indiqué, au Midi Libre, Me Phung qui souhaite comprendre le parcours de radicalisation de Raphaël, "issue d'une famille unie et aimante". En janvier dernier, le préfet de l'Hérault avait estimé cette mosquée "préoccupante en raison d'un risque d'emprise fondamentaliste".

Lunel, vivier de jeunes djihadistes. Le jeune homme fait partie des six Lunellois, de 18 à 30 ans, morts au front en Syrie ou en Irak, en l'espace de quelques mois. Cette commune de l'Hérault est en effet tristement réputée pour les nombreux départs de ses jeunes qui rejoignent l'Etat Islamique : depuis un an, une vingtaine de jeunes auraient ainsi quitté Lunel pour la Syrie.

Fin janvier, un coup de filet de la DGSI avait d'ailleurs permis d'arrêter cinq personnes, suspectées "de participation active à une filière dijhadiste dont les membres ont été recrutés et endoctrinés, et ont également recruté et endoctriné plusieurs jeunes Français originaires de Lunel", avait alors déclaré le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

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