Un important trafic de pignons de pin sur l'île de Ré

  • A
  • A
Un important trafic de pignons de pin sur l'île de Ré
@ AFP
Partagez sur :

Depuis octobre dernier, l’île de Ré, en Charente-Maritime, est le théâtre d’un pillage croissant des pommes de pins parasols, dont les pignons s’arrachent à prix d’or. 

L’info. "25 tonnes de pommes de pins prélevées sont chaque semaine", estime l'association Ré Nature Environnement, qui a porté plainte contre X avec le conseil général de Charente-Maritime pour faire cesser la « cueillette » en quantité industrielle dont sont victimes les pins parasols de l’île de Ré, depuis le mois d’octobre dernier. 

Un business juteux. L’objectif des cueilleurs qui montent jusqu’aux cimes des arbres de l’île charentaise ? Recueillir les pignons que contiennent ces pommes de pin et les revendre à bon prix en Espagne et au Portugal.  « Un kilo de pignons, c’est entre 100 et 130 euros, au détail, a expliqué au micro d’Europe 1 Dominique Chevillon,  président de l’association Ré Nature Environnement. La valeur d’un semi-remorque de 25 tonnes, c’est entre 100 et 120 000 euros, donc c’est un vrai business. On est sur une phase industrielle […], là, on n’est plus sur des choses acceptables. »

Interdiction du pignon de pin chinois.  "Cela faisait trois ans que, chaque hiver, nous observions des Espagnols venir", a précisé Léon Gendre, vice-président du conseil général. Mais, depuis octobre dernier, le ramassage s’est vivement intensifié sur l’île qui abrite de nombreux pins parasols. Selon Dominique Chevillon, l’origine de ce trafic grandissant viendrait de l’interdiction de la vente du pignon de pin en provenance de Chine, qui contenait une mycotoxine entraînant une altération du goût. Or, celui-ci constituait près de 80% du marché. Désormais, les cueilleurs, qui s’attèlent à la tâche sept jours sur sept, équipés de camions, parcourent les forêts et vont même jusqu’à pénétrer les propriétés privées.

Plaintes contre X. Dans la précipitation, ces hommes abîment les branches des arbres et foulent avec leurs véhicules les lieux protégés de l’île. Un préjudice écologique important pour les Rétais. Si le ramassage des pommes de pin n’est pas interdit, le conseil général et Ré Nature Environnement ont décidé de porter plainte contre X pour dénoncer l’ampleur qu’est en train de prendre ce glanage.