Un homme d'affaires accuse la DGSE de tentative de racket, celle-ci dément

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Un homme d'affaires accuse la DGSE de tentative de racket, celle-ci dément
La DGSE a opposé le secret-défense aux premières investigations dans ce dossier.@ MARTIN BUREAU / AFP
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Une plainte a été déposée contre la Direction générale de la Sécurité extérieure pour "détention et séquestration" ainsi que "tentative d'extorsion en bande organisée". dément toute séquestration ou tentative d'extorsion.

Alain Duménil, un homme d'affaire franco-suisse, a porté plainte le 17 janvier contre la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE), qu'il accuse d'avoir tenté de lui extorquer 15 millions d'euros. La plainte vise le service de renseignement pour "détention et séquestration", ainsi que "tentative d'extorsion en bande organisée", précise son avocat Me Nicolas Huc-Morel, confirmant une information du Monde.

Une première plainte avait été classée sans suite car les enquêteurs s'étaient heurtés au secret-défense invoqué par la DGSE. En réaction, Alain Duménil a décidé de se constituer partie-civile à Bobigny pour obtenir la désignation d'un juge d'instruction. "Monsieur Duménil attend maintenant du juge d'instruction que soit sollicité la déclassification des éléments relatifs à cette opération", a précisé Nicolas Huc-Morel.

Deux hommes en civil et armés. Selon une source proche du dossier, le directeur général de la DGSE, Bernard Bajolet, a reconnu que son service avait bien approché Alain Duménil, mais "dans le cadre des missions relevant du secret de la défense nationale". Selon Le Monde, la justice privilégie l'hypothèse selon laquelle la DGSE aurait eu recours à la manière forte pour récupérer un "trésor de guerre" qu'elle aurait confié, sous forme de placements, à une société dont Alain Duménil est devenu propriétaire. L'homme d'affaires a été en effet mis en examen pour banqueroute fin 2016, précise le quotidien.

Selon son récit aux enquêteurs, Alain Duménil a été intercepté par la Police aux frontières (PAF) sur la passerelle d'un avion, le 12 mars 2016 à l'aéroport de Roissy, et conduit dans une pièce où on lui a demandé d'attendre. Là, deux hommes en civil et armés, se disant mandatés par l'Etat français, lui auraient reproché d'avoir "volé à l'Etat" 13 millions d'euros, soit 15 millions avec les intérêts. Les inconnus auraient ensuite indiqué à l'homme d'affaires la procédure à suivre pour restituer cet argent en le menaçant d'attenter à son intégrité physique ou à celle de ses proches. Bien décidé à ne pas se laisser faire, Alain Duménil aurait indiqué sa volonté de dénoncer les faits au procureur, ce qui aurait incité les inconnus à quitter la pièce d'un pas rapide.

La DGSE dément. La DGSE, elle, dément toute séquestration ou tentative d'extorsion. Alain Duménil "est un affairiste international et un délinquant qui a déjà été condamné en France et fait l'objet de lourdes poursuites fiscales à l'étranger, avec une mise sous séquestre de ses biens", indique la le service de renseignement dans un communiqué. "L'intéressé a également été mis en examen au mois de novembre 2016 au sujet d'une manipulation frauduleuse ayant lésé l'État français", ajoute la DGSE. "C'est dans ce contexte que la DGSE avait souhaité s'entretenir avec M. Alain Duménil le 12 mars 2016 à l'occasion d'un de ses passages en France, entretien au cours duquel la DGSE dément avoir exercé la moindre menace, séquestration ou tentative d'extorsion à son encontre".

"L'enquête diligentée à cet effet par le procureur de Bobigny a d'ailleurs fait l'objet d'un classement sans suite", ajoute le service de renseignement. "Il convient de noter que la probité et la moralité d'Alain Duménil ont déjà été mises en cause par le passé, comme en atteste la décision en 2014 de confirmer la suspension durant dix ans de ses droits de titulaire de l'ordre de la légion d'honneur".