Un détenu tué par un autre prisonnier en Guadeloupe

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Un détenu tué par un autre prisonnier en Guadeloupe
Le meurtrier présumé se rendait à la douche alors que le second attendait pour un parloir quand le premier "a dit bonjour" à sa victime puis l'a frappé à la carotide.@ AFP
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Le meurtrier présumé se rendait à la douche alors que le second attendait pour un parloir quand le premier "a dit bonjour" à sa victime puis l'a frappé à la carotide.

Un détenu d'une trentaine d'années a été tué jeudi au centre pénitencier de Baie-Mahault, dans le centre de l'archipel, en Guadeloupe, par un autre détenu du même âge qui a été placé en garde à vue, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

Vers 10h, le meurtrier présumé se rendait à la douche alors que le second attendait pour un parloir quand le premier "a dit bonjour" à sa victime puis a pris un bout de ferraille aiguisée "et l'a frappée au cou de plusieurs coups à la carotide", selon Eric Pétilaire, secrétaire régional CGT Pénitenciaire. L'homme, gravement blessé, est décédé "dans le véhicule des pompiers pendant son transfert vers le CHU", selon le syndicaliste. L'enquête a été confiée à la brigade de recherche de gendarmerie de Pointe-à-Pitre.

"Sur fond de rivalités en Saint-Martinois et Guadeloupéens". Selon Eric Pétilaire, "c'est un contrat comme il en existe beaucoup" en prison, si "tu ne passes pas à l'acte, c'est toi ensuite la victime". Selon une source proche de l'enquête, d'autres personnes pourraient être impliquées sur "fond de rivalités entre Saint-Martinois et Guadeloupéens", l'auteur présumé venant de Saint-Martin et la victime de la Guadeloupe. Les deux hommes étaient incarcérés en centre de détention. La victime était condamnée dans une affaire de meurtre jusqu'en 2032 et l'auteur présumé, "inquiété dans une autre affaire d'homicide" purgeait une peine plus légère et devait sortir dans 6 mois, selon Eric Pétilaire.

Deux autres détenus, évadés en début de semaine. Dans la nuit de lundi à mardi, deux détenus s'étaient évadés de la maison d'arrêt du centre pénitencier de Baie-Mahault. Ils sont toujours en fuite. Les syndicats ont dénoncé une nouvelle fois "une cocotte-minute prête à exploser" dans un établissement de 298 lits pour 442 détenus, et des conditions de travail "assez compliquées". "Nous sommes indignés car nous avons l'impression que les établissements d'outremer sont les laissés-pour-compte de l'administration pénitentiaire", selon le dirigeant syndical.

Le syndicat, en dénonçant l'absence d'établissement de haute sécurité en outremer, réclame la construction d'une centrale sur la Guadeloupe. "Nous avons des détenus condamnés à de lourdes peines qui se retrouvent en maison d'arrêt, où on ne garde normalement que les prévenus et les condamnés à moins d'un an", a-t-il dénoncé.