Un CRS gravement blessé à la tête

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Un CRS gravement blessé à la tête
Les syndicats policiers dénoncent la recrudescence des caillassages@ REUTERS
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Lors d'un contrôle mercredi en Seine-et-Marne, un CRS a reçu des pierres projetées d'un immeuble.

Avec ses collègues, l'homme de 35 ans effectuait un banal contrôle mercredi soir devant la gare de Noisiel en Seine-et-Marne lorsqu'il a reçu un jet de grosses pierres provenant de l'immeuble d'en face. Gravement blessé à la tête, il a été transporté au service neurochirurgie de la Pitié-Salpêtrière où il a été opéré. Les interrogations sur le pronostic vital du CRS étaient toujours de mise jeudi après-midi.

"Des individus postés sur la partie supérieure du bâtiment aurait jeté plusieurs projectiles, parmi lesquelles deux grosses pierres dont l'une l'a atteint en pleine boîte crânienne, d'une hauteur de cinq étages donc je vous laisse imaginer l'importance des dégâts", a expliqué le Commandant de la compagnie de CRS Rémy Rulin au micro d'Europe 1. Selon un autre membre de la police, l'homme aurait aussi "les membres inférieurs paralysés".

De nombreux policiers ont été déployés mercredi soir dans le bâtiment où les projectiles ont été lancés pour retrouver le ou les agresseur(s) qui ont pris la fuite. Mais aucune interpellation n'avait encore eu lieu jeudi matin. Le ou les auteur(s) n'avaient pas été identifiés.

"Ces violences ne choquent plus"

Dans le quartier de la gare de Noisiel, les riverains n'étaient pas surpris par l'agression. "C'est un peu Chicago, le soir il y a beaucoup de gens qui traînent. Dans la mesure où c'est malheureusement devenu banal, ces violences ne choquent plus vraiment personne", souligne Karine, qui habite ce quartier depuis quatre ans, au micro d'Europe 1. Des employées de la banque du coin ont même peur d'aller travailler. "On a eu récemment dans un commerce à côté, une agression au couteau en pleine journée. C'est pas très sécurisant pour venir travailler ou quand on reste un peu tard", s'inquiète une salariée.

Les syndicats policiers ont eux vivement réagi. Pour le syndicat Alliance, il y a une recrudescence de ces caillassages. "Chaque intervention peut tourner au drame dans le travail quotidien d'un policier", insiste un CRS affilié au syndicat au micro d'Europe 1. Même son de cloche du côté de l'Unsa Police qui dénonce "une fois de plus les violences que subissent quotidiennement les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs missions".

Fait rare, l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) a également exprimé sa "consternation" et souhaité "que soient réunis à l’occasion d’une table-ronde, sous l’égide du Premier ministre, les représentants de tous les syndicats de policiers et de magistrats et les représentants de la gendarmerie pour que soient évoqués dans la transparence nos problèmes communs".

"L'indignation" de Guéant

Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a également exprimé jeudi son "indignation", face à une agression "lâche et insupportable qui touche une nouvelle fois un policier en mission au service de la sécurité des Français".