Un anti-acné à l'origine d'un suicide ?

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Un anti-acné à l'origine d'un suicide ?
Ce pourrait être un produit anti-acné qui serait à l'origine du suicide de Jorda (Photo d'illustration).
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Une mère porte plainte contre une dermatologue pour prouver le rôle du Roaccutane dans le suicide de son fils.

L'INFO. Une habitante de Lunéville en Meurthe-et-Moselle a porté plainte contre une dermatologue après le suicide de son fils, à qui elle avait prescrit du Roaccutane. Ce traitement anti-acné est déjà soupçonné d'avoir entraîné d'autres suicides.

Un garçon normal. Jordan était "un jeune homme intelligent, très doué avec plein de projets d'avenir (...), souriant, aimant sortir avec sa bande d'amis", explique sa mère. Problème, à 22 ans, il s’est pendu dans sa chambre.

Depuis quelques temps, il prenait un traitement contre l’acné à base de Roaccutane. A la suite de ce traitement "son comportement avait beaucoup changé : il ne dormait plus la nuit, s'enfermait des heures dans sa chambre, souffrait de douleurs musculaires très fortes dans le dos et de sécheresse des muqueuses" a-t-elle ajouté.

Souffrance psychologique. "Il a caché à tout le monde sa souffrance morale, jusqu'au geste fatal", conclut-elle. Elle est persuadée que "pour faire un geste pareil il ne faut plus être soi-même, c'est ce médicament qui a atteint le cerveau".

La dermatologue "a fait un suivi uniquement par prise de sang, elle n'a pas jugé bon d'orienter mon fils vers un psychologue (...) et se contentait de lui prescrire un renouvellement du traitement", déplore cette mère de famille qui a tenu à garder l'anonymat.

Une soixantaine de suicides. Pour plaider sa cause, elle s’est donc rapprochée de Daniel Voidey dont le fils de 17 ans s’est suicidé dans des conditions similaires en 2007. Depuis, il est le président de l’association française des victimes du Roaccutane et génériques (AVRG).

“La maman avait bien prévenue la dermatologue qu’il avait une faiblesse psychologique. Je pense qu’elle n’aurait pas dû lui faire un traitement de six mois complet”, affirme-t-il au micro d’Europe 1. Depuis sa création, son association a reçu environ 1.800 témoignages sur les effets indésirables de ces produits anti-acné.

Une étude en court. Devant la polémique, une étude avait été lancée en 2011 sur 1.000 patients pour analyser les effets collatéraux du Roaccutane et ses génériques. Les résultats sont attendus en fin d'année mais Daniel Voidey la dénonce déjà. "C'est un questionnaire (...). Je ne pense pas que cela va donner grand-chose", explique-t-il.

Les questions sur ces produits ont quand même fait réfléchir les entreprises pharmaceutiques. Roche a retiré le Roaccutane du marché français en 2008, puis du marché américain en 2009, en avançant des raisons commerciales.

En février 2011 le groupe avait décrit son médicament comme "sûr" et "efficace", tout en effectuant des provisions dans ses comptes face à la multiplication des litiges juridiques en Europe et surtout aux Etats-Unis.