Un an de sursis requis contre l'éleveur de poules

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Un an de sursis requis contre l'éleveur de poules
@ MAXPPP
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Un Alsacien avait laissé mourir plusieurs dizaines de milliers de volailles fin 2010.

Le tribunal correctionnel de Strasbourg a traité mardi matin une histoire peu banale : un homme de 43 ans, était jugé pour avoir laissé mourir de faim des dizaines de milliers de volailles fin 2010. Un an de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende ont été requis contre l'éleveur indélicat. La décision sera rendue le 6 mars.

Le gérant de la société Alsace Oeufs dont l'entrepôt était situé à Kingersheim, dans la banlieue de Mulhouse, était renvoyé devant le tribunal pour actes de cruauté envers animaux. Mais le parquet et les six associations de défense des animaux, qui se sont portées parties civiles ont demandé que les faits soient requalifiés en "abandon" d'animaux.

En novembre 2010, le prévenu, qui selon le parquet n'avait "aucune expérience dans l'élevage des poules", n'avait pas pu nourrir les quelque 200.000 volatiles faute de livraisons d'aliments en raison d'un litige financier avec son fournisseur. La situation avait suscité la colère des riverains, confrontés à une invasion de mouches, et l'émoi des associations de défense des animaux.

"Une poule n'est pas une boîte de conserve"

Alors que la mortalité normale dans ce type d'élevage en batteries est de 100 à 150 poules par semaine, il atteignait à Kingersheim, au moment où l'ampleur du problème a été révélée, quelque 6.000 cadavres par jour, a relevé le tribunal. Les survivantes picoraient les carcasses de leurs congénères pour calmer leur faim.

"Une poule n'est pas une boîte de conserve", a asséné la vice-procureure Lydia Pflug. "Notre société ne peut pas accepter que des animaux élevés de façon industrielle et destinés à la mort soit traités de cette façon", a-t-elle ajouté.

Le prévenu a expliqué à la barre qu'il avait "essayé" d'améliorer les conditions d'élevage. Son défenseur, Me Dominique Riegel a plaidé la relaxe, arguant que l'installation était "sous le contrôle total des services de l'Etat et des services vétérinaires".