Trente ans requis pour le meurtre d'une fillette en 1996

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Trente ans requis pour le meurtre d'une fillette en 1996
Trente ans de réclusion criminelle ont été requis vendredi à l'encontre de Georges P., 40 ans, pour le meurtre de Saïda Berch, 10 ans, retrouvée étranglée en 1996.@ DAMIEN MEYER / AFP
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Jugé vendredi pour le meurtre d'une petite fille il y a 17 ans, Georges P. a toujours nié avoir tué la victime.

Trente ans de réclusion criminelle ont été requis vendredi devant la cour d'assises de l'Isère à l'encontre de Georges P., 40 ans, pour le meurtre de Saïda Berch, 10 ans, retrouvée étranglée dans un canal à Voreppe, dans l'Isère, en 1996.

Dix-sept ans plus tard, l'ADN parle. "Trente ans, vous pouvez considérer que ça équivaut à une peine à perpétuité étant donné l'état de santé de l'accusé (atteint d'une maladie dégénérative, ndlr). Mais sa liberté Georges P. en a joui indûment, injustement pendant 17 ans", a déclaré l'avocate générale Thérèse Brunisso. Saïda Berch avait été retrouvée étranglée dans un canal de Voreppe, près de Grenoble, le 26 novembre 1996, deux jours après sa disparition. Son meurtrier présumé n'a été interpellé que dix-sept ans plus tard à l'occasion d'analyses ADN de vêtements de la victime menées par un laboratoire bordelais.

Une seconde victime. L'accusé est aussi soupçonné de l'assassinat de Sarah Syad, 6 ans, le 16 avril 1991 dans la même commune, crime pour lequel il doit être jugé prochainement par le tribunal pour enfants, car il n'avait que 15 ans à l'époque des faits. "Chronologiquement, le meurtre de Saïda Berch est le deuxième crime que se voit reprocher Georges P.", a relevé l'avocate générale, décrivant un acte "horrible", "d'une extrême gravité". L'accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité, mais la magistrate a enjoint la cour d'assises de retenir l'altération du discernement en raison des déficiences intellectuelles et de la personnalité psychopathique de Georges P., relevés par les experts psychiatres.

"Procès sans aveu". "C'est un procès qui, je le crois, gardera un goût d'inachevé", a aussi pointé Mme Brunisso, évoquant un "procès sans aveu", l'accusé niant avoir tué la victime. "L'aveu, c'est le seul moyen pour les proches d'une victime de pouvoir un jour trouver un certain apaisement. Cet aveu, il était essentiel pour les parties civiles. Vraisemblablement, elles continueront à l'attendre longtemps", a-t-elle ajouté. Le verdict est attendu vendredi soir.