Trappes : "sept policiers m'ont tabassé"

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Trappes : "sept policiers m'ont tabassé"
@ Maxppp
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TÉMOIGNAGE E1 - Un des jeunes gardés à vue vendredi après les affrontements confie sa version des faits.

Alors que le procès de six jeunes interpellés vendredi soir à Trappes s'ouvre lundi, Europe 1 a recueilli le témoignage d'un autre suspect jugé pour sa part en septembre. Les cinq individus font partie des six personnes placées en garde à vue vendredi soir après les affrontements qui ont eu lieu près du commissariat de la ville - le sixième a été relâché faute d'éléments, mais l'enquête se poursuit.

>> Europe 1 a rencontré le jeune homme laissé libre sous contrôle judiciaire et jugé en septembre. Sa version s'oppose à celle des policiers, qui eux, ont décidé de porter plainte pour violences.

"Tu mérites de mourir". Quinze points de suture, trois grosses plaies sur le crâne et une jambe dans le plâtre. Julien, 20 ans, se remet à peine de sa nuit de vendredi. D'après son récit, les faits se sont déroulés vers 1h30, alors qu'il rentrait d'une soirée. Il se serait ensuite arrêté à 200 mètres des affrontements pour voir ce qu'il se passait. Et c'est là que la police lui serait tombée dessus.

"Il y en a un qui m'attrape par les hanches, il me plaque au sol. Et là, il y a six ou sept policiers qui me tabassent pendant cinq minutes. Ils m'ont frappé à la tête, aux jambes. Ils m'ont insulté de tous les noms : 'connard'. Ils me frappaient : 'tu mérites de mourir'", confie le jeune homme.

Écoutez son témoignage :

Selon ce dernier, les policiers ont été jusqu'à l'humilier volontairement. "A la fin, un grand policier qui était assez costaud, m'a volontairement mis un gros coup sur ma cheville pour que ça se casse. Et malgré ça, ils m'ont dit : 'tu vas faire un petit footing. Ils me tenaient par les aisselles, ils me faisaient courir, malgré ma jambe. Je n'ai pas compris ce qu'ils avaient contre moi", déplore-t-il.

>> A lire - Trappes : quatre jeunes écroués

Une plainte des policiers. Selon le rapport du médecin, les policiers ont attendu trois heures avant de conduire Julien à l'hôpital. Depuis, les photos de ses blessures circulent de portable en portable et attisent la colère de ses amis. "On n'est même pas en sécurité chez nous. Comment voulez-vous qu'on fasse ? On est obligé de tout casser", commente  l'un d'entre eux au micro d'Europe 1. "Il ne faut pas que les forces de l'ordre viennent. Les forces de l'ordre nous ont réveillés, maintenant ont va les choquer tous", surenchérit un autre. De leur côté, les policiers ont porté plainte contre Julien pour violences. Lui, conteste et portera aussi plainte.