Trahi par son ADN mais déjà acquitté, le suspect ne peut être rejugé

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Trahi par son ADN mais déjà acquitté, le suspect ne peut être rejugé
@ DAMIEN MEYER/AFP
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La famille d'un jeune vigneron assassiné en 1985 craint de voir l'enquête se refermée, 25 ans après les faits. Pourtant, un ADN déterminant a été retrouvé en 2012.

Quand les progrès de la science butent sur les grands principes du droit… C'est le cauchemar auquel est confrontée la famille Fauvet, qui craint que l'enquête sur la mort d'un de ses membres, Frédéric, assassiné en 1985 à l'âge de 23 ans, ne soit à jamais refermée par la justice, rapporte le Parisien. Les avancées en terme de techniques d'identifications criminelles ont effet permis, en 2012, d'isoler l'ADN d'un homme sur des scellés relevés à l'époque sur la scène de crime du jeune vigneron. Problème, ce profil génétique est celui d'un homme déjà suspecté par le passé dans ce dossier… et acquitté en octobre 1988 par la cour d'assises de la Marne. La justice ne peut donc plus rien faire contre lui.

Non bis in idem ou l'acquittement définitif. C'est une règle de droit vieille de 200 ans. Un principe intangible en droit français depuis le début du 19e siècle. On appelle cela le non bis in idem, en latin : aucun accusé acquitté par une cour d'assises ne peut être poursuivi pour les mêmes faits. Et ce principe s'applique même si les progrès de la science et l'ADN provoquent un revirement de l'enquête. Une loi que le  frère de la victime ne peut pas comprendre aujourd'hui.  

On sait maintenant grâce à des traces retrouvées sur des flûtes à champagne prélevées sur la scène de crime, que l'homme acquitté en 1988 se trouvait avec la victime le soir de sa disparition. Pour Boris Fauvet, ces nouveaux éléments prouvent que ce dernier a joué un rôle dans ce drame. Il demande ainsi que de nouvelles auditions soient menées.

"J'ai envie d'aboutir pour la mémoire de mes parents". "On a subi l'acquittement de la personne. Quand vous entendez 'acquitté', cela vous transperce. Et 27 ans après, on trouve l'ADN de cette même personne. Cela prouve quand même que nous avions raison et que la justice n'a pas bien fait son travail", déplore-t-il au micro d'Europe 1. Pourquoi ne change-t-on pas la loi ? J'ai envie d'aboutir pour la mémoire de mes parents. Je ne peux pas lâcher", poursuit le frère du jeune homme assassiné.  

Un corps jamais retrouvé. Pour l'heure, le parquet de Reims se refuse à tout commentaire. Seule solution pour faire évoluer le dossier et relancer l'enquête : prouver que d'autres individus étaient présents sur la scène de crime  au soir de la disparition de Frédéric Fauvet. C'est la seule chance pour la famille de Frédéric Fauvet de savoir un jour ce qui passé cette nuit de décembre 1985. Un combat d'autant plus farouche que, si la scène du crime a été découverte sans présomption, le corps de la victime, lui,  n'a jamais été retrouvé.