Trafic de viande de cheval : deux mises en examen

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Trafic de viande de cheval : deux mises en examen
@ MaxPPP
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Elles font partie des 21 personnes interpellées lundi lors d'un vaste coup de filet de la gendarmerie.

L’INFO. Moins d’un an après l’affaire Spanghero, un nouveau scandale présumé concernant de la viande de cheval a été mis au jour. En effet, une vaste opération de gendarmerie a conduit lundi matin à l’interpellation de 21 personnes, principalement dans le sud de la France. Deux d'entre elles ont été mises en examen mardi à Marseille pour "usage de faux de manière habituelle" et "tromperie" par le magistrat en charge l'enquête. Ces deux personnes, dont les identités n'ont  pas été précisées, ont été laissées libres sous contrôle judiciaire.

Cette fraude porte sur 200 chevaux. Des animaux achetés à bas prix à des laboratoire pharmaceutiques, ou à des centres équestres. La fraude était organisée par un réseau qui avait recours à quatre vétérinaires et un informaticien pour réaliser de faux documents de santé. Les viandes impropres à la consommation étaient ensuite revendues au prix fort, pour finir dans les assiettes des consommateurs.

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Le cœur du réseau à Narbonne ? Les animaux étaient abattus à Narbonne, ou à Aiguillon, dans le Jura. Les carcasses étaient destinées pour moitié au marché français et l'autre moitié partait à l'export. A Narbonne, c’est le gérant de la société Rochette, ex-Narbonnaise des viandes, qui a donc été réveillé à l’aube par les gendarmes de la section de recherches de Montpellier. Selon les informations d'Europe 1, Patrick Rochette a d'ailleurs déjà été poursuivi pour des faits similaires et pour trafic de fausse monnaie. Il pourrait avoir joué un rôle-clé dans ce trafic.

Pour le vérifier, des perquisitions ont été réalisées lundi dans les Abattoirs municipaux de Narbonne, où la société Rochette loue des bureaux et des réfrigérateurs. C’est ici qu’elle faisait abattre ses bêtes, sous le contrôle d’inspecteurs vétérinaires. Par ailleurs, une boucherie de la ville, soupçonnée d’avoir écoulé de la viande impropre à la consommation est examinée de près par les gendarmes.

"Pour nous, les papiers étaient bons". Du côté des Abattoirs municipaux de Narbonne, les responsables  nient toute implication dans un éventuel trafic. "Les animaux vivants arrivent avec une pièce d’identité contrôlée par les services vétérinaires d’inspection qui confirment que le cheval peut être abattu", explique Myriam Patrice, la directrice des abattoirs municipaux de Narbonne, au micro d’Europe 1. "Tous les chevaux sont contrôlés et analysés. Pour nous, les papiers étaient bons mais on nous dit qu’il s’agit de faux papiers",  poursuit-elle.

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Pour l'instant, rien ne prouve que la viande était "nuisible pour la santé". Le procureur de la République à Marseille Brice Robin, en charge de l'enquête, a affirmé lundi n'avoir "absolument pas la preuve à travers des analyses toxicologiques que ces animaux étaient nuisibles à la santé humaine". "Ce n'est pas parce qu'ils sont impropres à la consommation qu'ils sont nuisibles à la santé de l'homme", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse. Le procureur a également fait savoir que le groupe pharmaceutique Sanofi allait se porter civile dans cette affaire. Soixante chevaux auraient, en effet, été achetés au site de Sanofi, en Ardèche. Des bêtes utilisées comme cobaye, qui ont été revendues, à l'insu du groupe pharmaceutique, à l'organisateur de la firme le narbonnais.

Des papiers falsifiés ? Le trafic présumé mis au jour était alimenté par des bêtes achetées une dizaine d’euros à des sociétés pharmaceutiques et impropres à la consommation. Ces animaux auraient pourtant été revendus entre 500 et 800 euros pour finir dans les assiettes des consommateurs. Outres les personnes interpellées à Narbonne, plusieurs autres suspects ont été arrêtées en Midi-Pyrénées, en Auvergne, en Rhône-Alpes ou Provence-Alpes-Côtes-d’Azur, parmi lesquelles trois vétérinaires et d’autres négociants de viande. Ils sont notamment soupçonnés d’avoir falsifiées les cartes d’identité des chevaux.

Le Foll réclame des sanctions. De son côté, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a jugé lundi "intolérable que certains tentent de frauder avec la sécurité de l'alimentation des Français" rappelé son souhait d'un fichier d'identification à l'échelle européenne. Il a dit faire "toute confiance à la justice, aidée des services de (son) ministère, pour que cette enquête aille jusqu'au bout et que les responsables soient sévèrement sanctionnés". Les 21 personnes interpellées encourent cinq ans de prison pour tromperie. Et certaines d'entre elles seront présentées dès mercredi à un juge d'instruction marseillais.

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