"Tournantes" : le parquet fait appel

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"Tournantes" : le parquet fait appel
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Le ministère public a décidé de faire appel des condamnations et de certains acquittements.

Alors que le verdict dans le procès des "tournantes" a été qualifié de "fiasco judiciaire", le ministère public a décidé de faire appel des condamnations et de certains acquittements. Sur les quatorze hommes qui comparaissaient pour des viols collectifs contre deux jeunes filles dans des cités de Fontenay-sous-Bois de 1999 à 2001, dix ont été acquittés. Les quatre restants ont été condamnés à des peines allant de trois ans avec sursis à un an ferme. Un verdict trop éloigné du réquisitoire.

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Un message pour les  jeunes femmes

"Le verdict est trop éloigné du réquisitoire de l'avocate générale, à la fois sur les peines prononcées et sur certains acquittements. Il ne correspond pas au déroulement des crimes et à leur appréciation", a déclaré la procureure de Créteil, Nathalie Becache.

L'appel concerne ainsi les quatre personnes condamnées, ainsi que les acquittements prononcés par la cour alors que l'avocate générale avait requis des condamnations. "C'est un message à l'égard des deux jeunes femmes qui doivent être restaurées dans leur place de victimes d'atteintes particulièrement graves à leur intégrité physique et psychique", a poursuivi la procureure.

"Les accusés voulaient faire appel"

Mais pour l'avocat de la défense, Me Amar Bouaou, l'appel du ministère public est incompréhensible. "Je suis surpris de l'appel du parquet parce qu'au vu du déroulement du débat, le parquet aurait dû déjà être content d'avoir eu quatre condamnations. Tout le monde pariait sur un acquittement général, et je pense que cela aurait été la suite logique des débats", estime l'avocat au micro d'Europe1.

Selon Me Amar Bouaou, les réflexions sur le verdict sont liées à une méconnaissance du dossier. "Si l'audience avait été publique, personne n'aurait été choqué par un acquittement général. La décision rendue par la cour d'assises a été rendue par des jurés extrêmement impliqués au cours des débats. C'est une insulte à leur intelligence. Mais les accusés avaient également l'intention de faire appel", confie l'avocat.

Les viols d'Aurélie pas reconnus

Après trois semaines de débats à huis clos mais sous haute tension, les condamnés n'ont été reconnus coupables que des viols commis sur une seule des deux plaignantes, Nina, 29 ans. Lors du procès, ils avaient assuré que ces relations sexuelles étaient consenties. Les quatre hommes poursuivis pour les mêmes faits sur Aurélie ont, eux, été acquittés.

A la suite du verdict, la jeune femme, incapable de prononcer le moindre mot, avait quitté la région parisienne. Contactée par Europe 1 jeudi elle n'a pas caché son incompréhension. "Le procès m'a détruite une seconde fois. Là, on m'enterre", affirme-t-elle. "Je n'aurais jamais pensé que ça se passerait comme ça", a-t-elle déclaré.

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