Tirs dans un Thalys : le suspect entendu dans une enquête de la section antiterroriste

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Tirs dans un Thalys : le suspect entendu dans une enquête de la section antiterroriste
Une tuerie a probablement été évitée à bord d'un Thalys
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Un homme est actuellement en garde à vue après qu'une tuerie a été évitée à bord d'un Thalys. Des passagers ont réussi à le maîtriser mais deux personnes, qui étaient à bord, sont gravement blessées.

L'ESSENTIEL

Cela aurait pu être un carnage. Une attaque à main armée a été évitée vendredi à bord d'un Thalys qui circulait entre Amsterdam et Paris. Le suspect a été maîtrisé par des passagers. Deux personnes, dont un militaire américain en civil, ont été gravement blessées. Une enquête a été ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris.

L'essentiel des informations :

• Le suspect est toujours en garde à vue dans le cadre d'une enquête de la section antiterroriste du parquet de Paris

• L'homme, qui dit être âgé de 26 ans, faisait l'objet d'une fiche des services de renseignements

• Il nie le caractère terroriste de son geste

• Il serait parti en Syrie depuis la France, avant d'y revenir, a indiqué l'antiterrorisme espagnol

• Une Kalachnikov et un pistolet automatique ont été retrouvés sur lui

Ouverture parallèle d'une enquête en Belgique. Samedi, le parquet fédéral belge a, quant à lui, annoncé l'ouverture d'une enquête "sur la base de la loi antiterrorisme" et "sur la base du fait que le suspect est monté dans le train à Bruxelles", a déclaré le porte-parole du parquet fédéral. Interrogé pour savoir si l'homme avait des liens avec la Belgique, Eric Van der Sypt a répondu ne "rien pouvoir dire là-dessus" et a renvoyé vers les autorités françaises pour toute information sur l'enquête. Bernard Cazeneuve a indiqué samedi que l'homme a résidé en Belgique en 2015, après avoir vécu dans le sud de l'Espagne en 2014. 

Face à une kalachnikov en voulant aller aux toilettes. Vers 18 heures, à bord du Thalys qui devait relier Amsterdam à Paris, un Français se rendant aux toilettes se retrouve face à un homme, une kalachnikov en bandoulière. Le passager tente, en vain, de le maîtriser. Interviennent alors deux militaires américains, en vacances en Europe, qui se sont rués sur l'agresseur. L'un d'entre eux a été blessé par arme blanche. Un autre passager franco-américain a été blessé au thorax par une balle.

A son arrivée en gare d'Arras, le suspect, maîtrisé par les voyageurs, a été interpellé. Le pronostic vital des deux blessés n'est pas engagé. L'Elysée a indiqué samedi que François Hollande recevra "dans les prochains jours" les héros du Thalys. "Le président de la République a pu s’entretenir avec les passagers français et américains pour leur dire la gratitude de la France", a indiqué le ministre de l'Intérieur.

Des images amateures du train. Une vidéo amateure publiée par CNN, filmée par Anthony Sadler, un des Américains qui a maîtrisé le suspect, montre l'homme torse nu, ligoté et allongé sur le ventre. On y entend un homme s'inquiéter, en français, pour un blessé. Une kalachnikov est posée sur un siège du train, sans chargeur.

Le tireur présumé nie le caractère terroriste de son acte. Le suspect a été transféré samedi matin dans les locaux de l'antiterrorisme, après avoir été entendu dans un premier temps à Arras. Il conteste le caractère terroriste de son action, une version qui, en l'état des investigations, ne tient pas, a-t-on indiqué samedi de source policière. De nombreuses vérifications sont en cours mais, selon les premiers éléments de l'enquête, cet homme n'a jamais été emprisonné et n'a pas le profil d'un délinquant de droit commun. 

Déjà connu des services de renseignement. Il dit être un Marocain de bientôt 26 ans vivant en Espagne. Le quotidien espagnol El Pais a dévoilé le nom du présumé tireur. Il pourrait s'agir d'Ayoub El Khazzani. S'il s'agit bien de son identité, les Espagnols l'avaient signalé en février 2014 comme s'étant radicalisé, transmettant ces informations à Paris car il était susceptible de venir en France. Les services français avaient alors déclenché une fiche "S" le concernant, afin de pouvoir le pister dans ses déplacements. 

Un voyage en Syrie ? Le 10 mai dernier, du fait de ce fichage, les Français l'ont localisé à Berlin, où il a embarqué pour la Turquie, a précisé une source proche du dossier. Un chemin classique pour rejoindre la Syrie dont les services français ont informé l'Espagne dès le lendemain. Dix jours plus tard, selon cette source, les autorités espagnoles indiquaient que l'homme ne résidait plus dans leur pays et était désormais installé en Belgique. 

Un suspect lourdement armé. La liste de l'arsenal retrouvé sur le suspect permet au ministère de l'Intérieur comme au sein de la police de prendre la mesure du carnage qui a été évité. Une kalachnikov, un pistolet automatique ainsi que neuf chargeurs, soit une centaine de munitions. Un cutter a également été découvert. C'est à l'aide de cette arme blanche que l'assaillant a blessé grièvement l'un des voyageurs étant parvenu à le maîtriser. 

Les passagers du train évacués. En arrivant à la gare d'Arras, les passagers étaient bouleversés, perdus pour la plupart. Très peu, à ce moment, comprennent qu'une tuerie a été évitée de justesse. Amy a tout vu depuis sa place dans le wagon 12 où ont été tirés des coups de feu. "Quand le tireur est entré, je dormais à moitié. J'ai entendu le bruit d'une vitre qui explosait", raconte-t-elle, encore terrorisée, au micro d'Europe 1. "La vitre qui était derrière moi s'est brisée dans mes cheveux. J'ai alors vu la Kalachnikov. Tout le monde s'est couché à terre", continue l'Américaine. "Les gens couraient dans le train, il y avait beaucoup de dégâts". Amy explique qu'un passager est venu "demande à [son] mari sa cravate, des couvertures, des écharpes pour stopper les saignements" des blessés.

Certains passagers ont sauté du train pour se cacher derrière des buissons ont été récupérés par les pompiers. 360 personnes ont été conduites dans une salle à une centaine de mètres de la gare d'Arras. Ils sont arrivés dans la nuit à Paris avec un autre train.