Tireur de Paris : la vidéosurveillance, un travail de fourmi

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Tireur de Paris : la vidéosurveillance, un travail de fourmi
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ZOOM - Une caméra de vidéosurveillance de la RATP a permis d'isoler une image du visage du tireur présumé.

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L'INFO. La vidéosurveillance : une arme précieuse pour les enquêteurs dans la traque du tireur de Paris.  Une photographie du tireur présumé de Libération, issue d'une caméra de surveillance de la RATP, beaucoup plus nette que celles déjà diffusées a été révélée mardi. Elle permet désormais de mettre un visage sur le suspect. Un détail crucial sur la voie de l'identification de ce dernier. Selon une source proche du dossier, les enquêteurs possèdent d'ailleurs de  nombreuses photos du tireur extraites de la vidéosurveillance. En mai dernier, lors de l'agression d'un militaire à La Défense, les images de vidéosurveillance du centre commercial et de la RATP avaient ainsi permis de repérer rapidement l'auteur des faits. Concrètement, comment ça marche ? Europe1.fr fait le point.

Comment la police a-t-elle isolé ce visage ? Pour les enquêteurs, il existe deux cas de figure. Le premier est le plus aisé : l'exploitation des images en  direct. Une configuration qui  se présente notamment dans le cadre de manifestations et de "troubles à l'ordre public". Ce fut ainsi le cas lors des incidents du Trocadéro lors de la remise du trophée de champion de France au PSG, en juin dernier. Si on ne peut pas suivre ou traquer un individu en direct, vient le second cas de figure, plus fastidieux. Les enquêteurs doivent récupérer les enregistrements et éplucher des dizaines d'heures de bandes. Lundi, les enquêteurs sont allés visionnés ces images immédiatement. C'est ainsi qu'ils ont put extraire cette photographie déterminante.

De quel réseau disposent les enquêteurs ? La police parisienne est reliée à un immense réseau constitué de 1.105 caméras déployées  dans les rues de la capitale dans le cadre du plan de vidéoprotection pour Paris (PVPP) lancé en 2011. Ultramodernes, elles peuvent être orientées à distance à l'aide d'une simple télécommande. L'opérateur peut zoomer de façon très précise sans que  la qualité de l'image ne soit trop altérée. Par défaut, chaque commissariat de quartier a la main sur leurs utilisations.  Mais en cas de besoin, la PJ, un autre commissariat ou les états-majors peuvent prendre le dessus, depuis la préfecture de police de Paris  

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© POLICE JUDICIAIRE

13.500 caméras potentielles en Ile-de-France. Ces machines s'intègrent à un parc de près de 13.500 caméras qui comprend celles de la SNCF, de la RATP, de la ville de Paris et de plusieurs sociétés privées, dont les images sont visibles dans les commissariats et centralisées à la préfecture de police. Ce PVPP prévoit que les images puissent être stockées pour une durée maximum de 30 jours et exploitées par 2.500 policiers et pompiers sur une trentaine de sites. La ville de Paris compte par ailleurs environ 250 caméras de circulation qui ne font pas l'objet d'enregistrements et dont les flux étaient déjà accessibles par la préfecture de Police avant le PVPP.

La toile de la RATP et de la SNCF.  Les trains et rames de nouvelle génération ou rénovés sont dotés de vidéoprotection. 9.000 caméras équipent les métros et RER, selon les chiffres de la RATP. Les images sont conservées, pour ces appareils, 72 heures et peuvent être consultées en temps réel dans les PC de sécurité de la RATP et de la police. En septembre dernier, la SNCF dénombrait 4.596 caméras dans ses gares d'Ile-de-France et 6.559 dans ses trains. Les nouveaux Transiliens (trains de banlieue) en sont systématiquement équipés.  Les images sont observées en temps réel à partir du PC national Sûreté de la SNCF et à partir de cinq centres de gestion en Ile-de-France ouverts 24h/24. Les enregistrements peuvent aussi être utilisés a posteriori par la police après réquisition. Fin septembre, la police avait procédé à 3.000 réquisitions depuis début 2013, selon la SNCF.

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