Terrorisme : qui sont les suspects ?

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Terrorisme : qui sont les suspects ?
C'est dans cet immeuble de Strasbourg que Jérémie Louis-Sydney a été tué lors de son interpellation samedi.@ MaxPPP
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La plupart des suspects sont de nouveaux convertis à l’islam, qui se sont radicalisés.

Ce sont des Français âgés de 19 à 25 ans, aux profils similaires. La plupart des douze suspects interpellés samedi matin dans le cadre d’un vaste coup de filet anti-terroriste sont des petits délinquants condamnés pour des affaires de droit commun puis qui se sont radicalisés. Ils appartiennent tous à un cercle gravitant autour de Jérémie Louis-Sydney, tué lors de son interpellation à Strasbourg. Trois d'entre eux avaient un casier judiciaire pour vol, violences ou trafic de drogue.

L’une des compagnes de Jérémie Louis-Sydney a été placée en garde à vue à l'hôpital à Strasbourg car elle a accouché il y a un mois. Il n'est toutefois pas certain qu'elle était au courant des activités de son mari. L'autre épouse religieuse du leader présumé du groupe a été interpellée à Cannes puis rapidement relâchée. Trois autres personnes ont été interpellées à Cannes où elles sont actuellement interrogées.

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© Reuters

Par ailleurs, un suspect a été interpellé dans le Val-d'Oise, deux à Paris, dans le XVIIe arrondissement, et cinq autres à Torcy, en Seine-et-Marne, selon les informations recueillies par Europe 1. Tous sont actuellement interrogés à Levallois-Perret,  au siège de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et de la Sous-direction anti-terroriste (SDAT).

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Un leader surnommé "James" par ses amis

Le leader présumé du groupe, Jérémy Louis-Sydney était âgé de 33 ans. Né à Meaux en 1979, il partageait sa vie entre entre la Côte d'Azur et la ville de Cannes, Strasbourg et la Seine-et-Marne. Polygame, il avait eu cinq enfants de trois femmes différentes et son ex-amie cannoise est enceinte de sept mois. Cette dernière avait décidé de rompre dernièrement après avoir appris la double vie de son compagnon, affirme lundi Le Parisien.

Jérémie Louis-Sydney se faisait appeler "James" par ses amis. Converti à l’islam depuis quelques années, il était allé à la rencontre d’imams dans plusieurs pays du Maghreb.

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© MaxPPP

Il s'était vu infliger deux ans de prison en 2008 par le tribunal correctionnel de Grasse pour trafic de stupéfiants. Lors de son interpellation samedi, Jérémie Louis-Sydney a vidé le barillet de son Magnum 357 sur les forces de police qui ont riposté en le blessant mortellement. Sa trace ADN avait été retrouvée sur la cuillère d'une grenade lancée le 19 septembre dans une épicerie casher de Sarcelles, dans le Val-d’Oise.

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Un apprenti footballeur converti au salafisme

Parmi les interpellés du "groupe de Cannes", figure aussi Yann Nsaku, un Cannois de 19 ans d’origine congolaise, qui hébergeait régulièrement Jérémie Louis-Sydney. Promis à une carrière de footballeur professionnel, il avait joué à l’AS Cannes, à Porsmouth, et même en équipe nationale du Congo des moins de  19 ans, comme le révèle le journal Nice-Matin lundi. 

Une blessure au genou a brisé les rêves de Yann Nsaku qui s’est alors intéressé de près à la religion. Très influençable, il aurait passé des heures sur Internet à regarder des vidéos sur l’islam, selon les informations recueillies par Europe 1.

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© MaxPPP

La foi de Yann Nsaku est alors rapidement devenue inébranlable, malgré les nombreuses interrogations de ses parents. "On a toujours discuté, tout le temps, parce que la religion musulmane, elle nous fait peur", a confié son père au micro d’Europe1 . Il y a une dizaine de jours, le frère aîné  de Yann a menacé de lui couper sa barbe, coutumière chez les salafistes. Le lendemain, il se faisait passer à tabac dans la rue par plusieurs hommes, dont Jérémie Louis-Sydney.

Un complice dans "une perspective djihadiste" 

A Torcy, en Seine-et-Marne, Jérémy Bailly, un jeune homme âgé de 25 ans, a été interpellé, à son retour de la prière. Il possédait un pistolet 22 long rifle. Selon une source proche du dossier, les premiers éléments de l'enquête montrent que cet homme qualifié de "dangereux" se plaçait "clairement dans une perspective jihadiste".

Les enquêteurs, qui ont jusqu’à mercredi pour déterminer le degré de chaque membre, cherchent désormais à déterminer quels étaient les projets de ce groupe. Les perquisitions menées n'ont pas permis de trouver d'arsenal mais des éléments qualifiés "d'intéressants" par les enquêteurs.