15/07/2016 - 03h20

RECIT - Le 14 juillet à Nice, les deux kilomètres de l'horreur

© SIMON MALFATTO SOPHIE RAMIS / AFP

Il est environ 23h, le feu d’artifice du 14-Juillet vient de s’achever devant 30.000 personnes à Nice, cinquième ville la plus peuplée en France. Sur la très populaire et fréquentée Promenade des Anglais, touristes et locaux commencent à rentrer chez eux, quand soudain un mouvement de panique se déclenche.

Deux kilomètres d'horreur. Un camion blanc de 19 tonnes est en train de foncer sur la foule - hommes, femmes, enfants - à une vitesse d’environ 90km/h, selon des témoins. Son conducteur donne des coups de volant, monte sur le trottoir. Sur une distance de 2 km, le poids lourd fauche des dizaines de personnes. "On a vu un gros camion, genre 35 tonnes [19 tonnes en fait], blanc, qui rentrait dans la foule, qui est monté sur le trottoir et qui écrasait tout le monde. Il y avait des gens qui volaient dans tous les sens, qui étaient expulsés de partout et il a continué sa route presque jusqu'au bout de la Promenade, sans s'arrêter", raconte un témoin. Plusieurs témoignages attestent que l’assaillant tire sur la foule. La police retrouvera une grenade inopérante et des armes longues factices dans le camion.

Sa course meurtrière ne s’arrête que devant le Palais de la Méditerranée, grâce aux nombreux tirs des policiers. Le conducteur est abattu, le camion criblé de balles, la porte passager percée d'impacts.

Panique et effroi. La foule hurle, court, trébuche, tente de se réfugier dans les hôtels, les restaurants, les parkings, partout où elle peut éviter la rue. Des dizaines de corps gisent au sol aux alentours. "Il y avait des morts partout, partout, partout, sur la chaussée, c'était une horreur", raconte un témoin avec effroi, sur Europe 1.

Le conducteur stoppé par une policière. "Une personne dans la foule a sauté sur le camion pour essayer de l’arrêter, c’est à ce moment-là que les policiers ont pu neutraliser le terroriste", explique Eric Ciotti, député LR des Alpes Maritime, interrogé par Europe 1. "Il a tiré sur les policiers sans les toucher, et sur la personne qui a tenté de l’intercepter." "Je n’oublierai pas le regard de cette policière qui a intercepté le tueur", confie encore le député.

"Des poussettes et des vélos écrasés". "Quand je suis arrivé sur place, j'ai vu des centaines de badauds, le regard hagard", raconte, pour sa part, Frédéric Michel, le correspondant d'Europe 1 à Nice. "Il y avait des poussettes et des vélos écrasés", poursuit-il, décrivant des proches de victimes prodiguant les premiers soins en attendant que les secours arrivent. 

Le centre de Nice bouclé. Très vite, un important dispositif de sécurité est mis en place. La préfecture des Alpes-Maritimes demande aux Niçois de rester cloîtrés chez eux. La Promenade des Anglais est bouclée, tout comme la place Masséna, en plein centre de Nice. Des dizaines d’ambulances et de camions de pompiers, des membres des forces de l'ordre et des militaires sont déployés. Le "plan blanc" est activé. Toute la nuit, les hôpitaux niçois vont prendre en charge les victimes.