Sursis requis contre un commissaire de la DGSI soupçonné d'avoir giflé une avocate

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Sursis requis contre un commissaire de la DGSI soupçonné d'avoir giflé une avocate
Photo d'illustration@ AFP
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Deux mois d'emprisonnement avec sursis et 3.000 euros d'amende ont été requis mardi.

"Il y a des témoins" et "les faits sont médicalement constatés", a déclaré le procureur en requérant la condamnation de ce commissaire de la Direction générale de la sécurité intérieure, 58 ans.

Antiterrorisme et contre-espionnage. Cheveux gris, fin collier de barbe, lunettes, le policier répond devant le tribunal correctionnel de "violences volontaires par une personne dépositaire de l'autorité publique sur un avocat dans l'exercice de ses fonctions". Les faits remontent au 1er avril 2014, dans les locaux du service antiterroriste et de contre-espionnage à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine. Interrogé sur l'identité du kamikaze qui avait perpétré un attentat ayant tué cinq touristes israéliens et leur chauffeur bulgare à l'aéroport de Bourgas, en Bulgarie, en 2012, le client de l'avocate avait décidé de garder le silence.

"J'ai rien compris, il s'est levé d'un coup". Après deux auditions par des capitaines au quatrième sous-sol de la DCRI, leur supérieur, commissaire très bien noté, avait emmené le gardé à vue et son avocate dans une pièce adjacente pour tenter de l'inciter à parler. L'avocate raconte que le policier avait assuré à son client qu'il ne risquait pas d'être mis en cause. Étonnée du fait qu'il soit placé en garde à vue, elle avait souhaité que cette remarque soit consignée dans la procédure. Le commissaire l'avait alors giflée et traitée de "petite conne", a-t-elle raconté à la barre: "J'ai rien compris, il s'est levé d'un coup".

"Je n'ai pas levé la main sur elle". Son client avait rapporté avoir été témoin de la gifle. Les deux capitaines racontent avoir entendu du brouhaha puis trouvé l'avocate "les bras ballants". "J'ai bien l'intention de défendre mon honneur", a rétorqué le commissaire en préambule. Il raconte avoir expliqué au gardé à vue que "s'il n'avait rien à se reprocher, il avait intérêt à s'expliquer" puis avoir été énervé par le "ton de mépris" de l'avocate. Il concède être sorti en claquant la porte mais conteste toute violence: "Je n'ai pas levé la main sur elle".

L'avocate de 40 ans, qui souhaite garder l'anonymat, s'était vu prescrire 20 jours d'incapacité totale de travail (ITT) pour des raisons psychologiques. Un médecin avait aussi noté une "gêne discrète" dans la rotation de sa tête.
L'ordre des avocats des Hauts-de-Seine s'est constitué partie civile.