Stains : deux hommes en garde à vue

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Stains : deux hommes en garde à vue
@ REUTERS
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De plus en plus de doutes sont émis sur la sécurité du lieu de culte où une fillette a trouvé la mort.

Un enfant de six ans a été tué et 18 personnes ont été blessées dimanche dans l'effondrement du plancher d'un pavillon servant de lieu de culte évangélique à Pierrefitte-sur-Seine, où entre 100 et 150 personnes s'étaient réunies en famille en ce dimanche de Pâques. Une question se pose déjà : le lieu était-il approprié pour accueillir plus de 100 personnes ?

Quelques heures après le drame, deux hommes ont été placés en garde à vue. Il s'agit du "pasteur" de la communauté, qui officiait dimanche, et du propriétaire de ce local situé à la frontière de Stains et de Pierrefitte-sur-Seine, a-t-on précisé. Ces deux hommes vont être entendus dans le cadre d'une enquête en flagrance pour "homicide et blessures involontaires aggravées", menée par le service départemental de la police judiciaire (SDPJ).

Le local "n'était pas aux normes de sécurité"

Le maire PCF de Stains, en Seine-Saint-Denis, Michel Beaumale a affirmé dimanche que le local "n'était pas fait pour ce genre de manifestations" mais que des travaux y avaient été effectués. "Il y a un dossier sur ce lieu de culte à la mairie. Il me semble que le propriétaire avait fait des travaux", a précisé le maire. "Il y a un problème dans la mesure où il s'agit de locaux qui n'étaient pas faits pour ce genre de manifestations", a-t-il ajouté.

Le local "n'était pas aux normes de sécurité", a renchéri le Conseil national des Evangéliques de France (CNEF), qui avait refusé pour cette raison de l'intégrer. Le pasteur évangélique Thierry le Gall, responsable de la communication du CNEF, a précisé que "le local n'était pas du tout adapté pour recevoir plus d'une centaine de personnes", ce qu'a également confirmé le directeur du Conseil national des Evangéliques, Clément Diedrichs.

"Il s'agit d'un grave problème, notamment en Seine-Saint-Denis, qui compte une centaine d'églises évangéliques, a-il souligné. Il est impossible à une communauté haïtienne, africaine ou asiatique, d'acheter un terrain pour y édifier un lieu de culte, faute d'argent. Les églises spontanées qui se forment occupent des locaux de fortune".

"Pour l'heure la place est à l'émotion"

Selon le préfet, Christian Lambert, entre 100 et 150 personnes se trouvaient dimanche dans ce local, utilisé par une église évangélique spontanée, lorsqu'une partie du premier étage s'est effondré.

"Le préfet m'a dit que la commission de sécurité était passée. Maintenant la question est de savoir combien de personnes étaient à l'étage", a déclaré de son côté la députée PCF de la criconscription, Marie-Georges Buffet.  "Il faudra que toute la lumière soit faite mais pour l'heure la place est à l'émotion. Il faut laisser l'enquête se poursuivre", a ajouté l'élue.