Sofiane Rasmouk condamné à la réclusion criminelle à perpétuité

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Sofiane Rasmouk condamné à la réclusion criminelle à perpétuité
@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Le jeune homme de 28 ans, qui comparaissait depuis une semaine devant les assises de Nanterre, a été reconnu coupable de tentative de meurtre et de viol en récidive.

C'est sa 25e condamnation. "Le monstre de Colombes", tel qu'il a été surnommé par la presse, a été reconnu coupable de tentative de meurtre, de viol en récidive, et de vol avec violence, lundi en fin d'après-midi, par la cour d'assises de Nanterre où il comparaissait depuis une semaine. Conformément aux réquisitions émises par l'avocat général dans la matinée, Sofiane Rasmouk a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. En l'absence de peine de sûreté prononcée par la cour, celle-ci est appliquée automatiquement, soit 22 ans incompressibles. A l'énoncé du verdict - qualifié de "très sévère" par son conseil Me Francis Terquem - le coupable est resté coi, immobile. 

Des chances de réinsertion "des plus minces". Dans la matinée, le ministère public avait formulé ses réquisitions, demandant la perpétuité à l'encontre de l'accusé de 28 ans, estimant que "le prédateur sexuel" devait rester enfermé "le plus longtemps possible". Ses "possibilités de réadaptation" sociale sont "des plus minces", avait notamment jugé l'avocat général Dominique Borron.

Placé dès ses 11 ans à de multiples reprises dans des institutions ou en famille d'accueil à cause de problèmes comportementaux graves, Sofiane Rasmouk a passé moins d'un an hors de prison depuis sa majorité. Il cumulait jusqu'à présent dans son casier judiciaire 24 condamnations - essentiellement pour vols, trafic de stupéfiants, outrages ou dégradations. Mais aussi pour agression sexuelle.

"C'est notre frère". "Ça nous ferait du bien de ne le considérer que comme un étron, et d’avoir simplement à tirer la chasse. Mais vous êtes là pour juger un homme", avait plaidé Me Francis Terquem, juste avant que les jurés ne se retirent. Cette phrase pour ramener au cœur de la communauté humaine celui que l'on a surnommé "le monstre de Colombes" avait provoqué un murmure de protestations du côté des parties civiles.

"Sofiane Rasmouk doit vivre, nous devons tous vivre avec lui. C’est notre frère", avait défendu l'avocat, selon Metronews. Me Terquem, que son client avait pourtant récusé à mi-procès, avec son confrère Me Aurélien Barbaut, car il était mécontent de leur ligne de défense, avait demandé l'acquittement de Sofiane Rasmouk pour la tentative de meurtre, mais la condamnation pour le viol. "La justice est toujours un équilibre et doit toujours comporter un espoir. Là, l'espoir, il n'y en a pas", a déploré le conseil, à l'issue de l'audience. 

Les victimes "soulagées". En revanche, du côté des parties civiles, la délivrance était palpable. "Je suis soulagée parce que je ne m'attendais pas à ça. Il a enfin ce qu'il mérite", a réagi, tout sourire, Priscillia, victime d'une tentative de viol suivie d'une tentative de meurtre. Le soir du 7 août 2013, alors qu'il se trouvait sous un régime de semi-liberté, Sofiane Rasmouk avait successivement agressé deux jeunes femmes, Priscillia, 22 ans, et Sandra, 34 ans, à Colombes. La première, victime d'un déchaînement de violence, avait été laissée pour morte, quelques minutes avant que la seconde ne soit frappée et violée à deux reprises.