Sid Ahmed Ghlam pensait à viser un train et tuer "150 mécréants"

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Sid Ahmed Ghlam pensait à viser un train et tuer "150 mécréants"
Des policiers en faction devant une église de Villejuif, en avril 2015. @ AFP
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Des conversations électroniques retrouvées sur les ordinateurs du principal suspect dans l'enquête sur l'attentat "évité" de Villejuif, laissent peu doute sur la détermination des terroristes.

Les projets terroristes présumés de Sid Ahmed Ghlam ne se limitaient peut-être pas seulement à l'attaque d'une église de Villejuif. Le principal suspect dans l'enquête sur l'attentat "évité" en avril dernier, mis en examen dans ce dossier et écroué, assure au juge d'instructions qu'il a "empêché" une telle attaque. Toutefois, selon Le Figaro, le terroriste présumé aurait également pensé à viser d'autres cibles une fois son premier forfait commis. Le quotidien s'appuie sur des extraits de conversations électroniques isolés par les enquêteurs, notamment sur deux ordinateurs saisis au domicile de l'étudiant algérien de 24 ans. Des échanges écrits en français avec celui qui pourrait être le mystérieux donneur d'ordres de Sid Ahmed Ghlam, établi entre la Syrie et l'Irak.

"L'église ça prend du temps pour les tuer". Dans ces conversations non signées et écrites dans un français approximatif, que le quotidien livre sans modification de texte ni d'orthographe, deux hommes échangent en détails sur la mise en œuvre de leur plan macabre. Des dialogues qui glacent le sang. "Essaie de trouver une église avec du monde et aussi regarde pour que tu puisses repartir rapidement et facilement", indique le donneur d'ordres. Réponse écrite depuis l'ordinateur de Ghlam : "pour l'église, j'ai cherché, et en Ile-de-France, c'est difficile pour repartir. Tu peux voir sur Google Maps, les bonnes églises ou paroisses sont tout près d'un commissariat ou gendarmerie, c’est-à-dire à cinq minutes en voiture". Plus loin, le même s'inquiète d'un "problème" de taille : "et l'église ça prend du temps pour les tuer. Si tu connais-toi, dis-moi je le ferai. L'essentiel, c'est toi qui voit".

Petites discussions techniques. L'homme qui converse depuis l'ordinateur de Sid Ahmed Ghlam demande également un soutien logistique à son interlocuteur. Des bras supplémentaires, mais aussi des armes et des munitions. Des propos qui appuient la thèse de complicités multiples. "Lors de ces dix jours, j'ai préparé comment je vais faire cette opération. J'aurais besoin de quelques réponses pour le bon déroulement inch Allah. Quel type d'arme le frère va nous ramener ? Est-ce qu'il va me donner beaucoup de chargeurs et de balles (possible d'avoir un accrochage avec police ou autre). Comment ça va se passer pour la voiture qu'il va me ramener ? Il faut au moins un frère ou deux mobilisés avec moi". Des échanges qui témoignent de sa détermination : "j'aurais besoin que le frère me ramène une arme que je dois garder avec beaucoup de balles (je ne veux pas être une cible facile)".  

"Dans un train, je tuerais au moins 150 mécréants". Et le terroriste en puissance a de la suite dans les idées. Ainsi ce dernier évoque d'autres actions à mener, si le temps et la réaction des autorités le lui permettent. "Si l'opération se déroule bien inch Allah, je m'apprête à partir chez la sœur que je voulais me marier pour se cacher au moins deux jours pour voir s'ils m'ont reconnu ou s'ils me cherchent. (…) Inch Allah parce que s'ils me reconnaissent j'aurais moins la possibilité de faire une autre opération", indique-t-il, avant de préciser ses plans, laissant planer l'ombre d'une attaque kamikaze. "C'est dans un train inch Allah, je tuerais au moins 150 mécréants et rencontrer mon créateur", avance-t-il.

La possibilité de monter une "vidéo de propagande" pour le "compte de l’État islamique" est également évoquée. Un film qui inviterait à commettre d'autres attaques et mentionnant de nouvelles cibles. Parmi lesquelles la basilique du Sacré-Cœur, un des édifices les plus emblématiques de la capitale.