La Cour de cassation valide les écoutes de Sarkozy

  • A
  • A
La Cour de cassation valide les écoutes de Sarkozy
@ DOMINIQUE FAGET / AFP
Partagez sur :

L'ancien président de la République estimait que ces écoutes étaient illégales mais la justice en a décidé autrement. 

La Cour de cassation a rejeté mardi le pourvoi de Nicolas Sarkozy sur les écoutes de ses conversations avec son avocat dans l'affaire Bismuth. Déjà mis en examen dans ce dossier, l'ancien président de la République risque donc d'être poursuivi pour acte de corruption et trafic d'influence. Les juges ont précisé avoir terminé leur enquête.

Des écoutes dans le cadre d'une autre affaire. A l’origine, la justice enquêtait sur une toute autre affaire : les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007. C’est dans ce cadre que les enquêteurs découvrent que Nicolas Sarkozy et Me Herzog échangent, via une ligne secrète enregistrée sous le nom de Paul Bismuth, sur des dossiers sensibles et notamment sur l'affaire Bettencourt. Rapidement, les soupçons de corruption et de trafic d'influence s’accumulent.

Qu’est-il reproché à Nicolas Sarkozy et à son avocat ? Lors de ces écoutes, les enquêteurs découvrent en effet qu’il est souvent question d’un certain Gilbert Azibert, alors magistrat à la Cour de cassation. L'ancien chef de l'État et son avocat sont soupçonnés d'avoir tenté d'obtenir de ce magistrat des informations couvertes par le secret à propos de l’enquête sur l’affaire Bettencourt. En échange, l’ancien président de la République devait intervenir en faveur de Gilbert Azibert pour qu'il obtienne un poste de prestige à Monaco, ce qu'il n'a finalement pas fait.

Pour Nicolas Sarkozy, c’est bien la preuve qu’il n’y a eu aucun acte de corruption et de trafic d'influence. Pour les enquêteurs, ce revirement peut s'expliquer par le fait que Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog viennent alors d'apprendre que ces téléphones non officiels ont été placés sur écoute leurs téléphones non officiels. A leurs yeux, en plus des affaires du financement libyen et Bettencourt, il y a désormais une "affaire Bismuth", même si les suspects n’ont pas franchi la ligne rouge au téléphone.