Sans-papiers, le patron doit licencier

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Sans-papiers, le patron doit licencier
Un chef d'entreprise "modèle" du Val-de-Marne risque l'expulsion.@ MAXPPP
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Le titre de séjour de cet Algérien, patron d'une PME du Val-de-Marne, n'a pas été renouvelé.

Sa PME embauchait treize personnes il y a encore deux semaines. Charif, un Algérien installé dans le Val-de-Marne depuis huit ans, a été contraint de se séparer de ses salariés. La raison : la préfecture a refusé de renouveler son titre de séjour. Cet entrepreneur prospère est donc menacé d'expulsion.

"Je suis cassé, j'ai reçu un coup de marteau sur la tête", a-t-il confié à Europe 1, regrettant de "passer pour quelqu'un de malhonnête" qui aurait "caché cette affaire" et dit aux gens : "voilà, j'étais sans-papiers, je vous ai eus, au revoir".

"Un coup de marteau sur la tête" :

"Je me lève tous les jours avec cela dans la tête", raconte Charif, qui se sent "impuissant". "Je suis comme un spectateur, je regarde ce qui m'arrive", déplore le chef d'entreprise. 

Un entrepreneur modèle

Les locaux de son entreprise sont désormais vides. Cette PME spécialisée dans la fibre optique, qu'il a montée il y a quelques années, a réalisé un chiffre d'affaires confortable de 500.000 euros. De quoi songer à de nombreux projets, sur lesquels Charif doit aujourd'hui tirer un trait.

Pourtant, les élus locaux parlent de cet entrepreneur comme d'un modèle, qui forme des jeunes chômeurs avant de les embaucher. Charif, lui, se souvient même d'un soir où, lors d'une réception, il avait reçu les félicitations de plusieurs membres du gouvernement.

Hollande dénonce une "politique absurde"

"La régularisation au cas par cas, c’est ma position. Et voilà un cas qui justifie la régularisation", a commenté le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande, invité d'Europe 1 vendredi matin. "Il doit y avoir des règles, ces règles doivent être appliquées, partout, de la même manière, avec les mêmes critères, et avec de l’intelligence, c’est quand même un critère supérieur pour l’Etat", a-t-il asséné, avant de dénoncer "une politique absurde".