Salons de massage et prostitution : la combine d'un ripou présumé

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Salons de massage et prostitution : la combine d'un ripou présumé
Ce salon de massage, situé dans le XVIIe arrondissement de Paris abritait en fait des activités de prostitution. @ AFP
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Une enquête portant sur un réseau de prostitution dissimulé derrière des salons de massage parisien a permis de mettre au jour un système de "protection" entretenu par un policier.

Le policier "bien noté" cachait-il un ripou compromis dans un discret réseau de prostitution ? Un capitaine de police de la sûreté territoriale (ST) de la direction de la sécurité de proximité  de l'agglomération parisienne (DSPAP) a récemment été renvoyé en correctionnelle pour "complicité de proxénétisme aggravé" et "complicité de traite des êtres humains", rapporte Le Parisien. Les enquêteurs le soupçonnent d'avoir abusé de sa fonction pour couvrir, moyennant un joli bakchich, un réseau constitué au sein de salon de massage thaïlandais.

Salon de massage et "finition manuelle". Cette affaire s'invite derrière les vitrines calfeutrées de trois salons de massage Thailandais situés dans les XIIe, VIIe et XVIIe arrondissements de Paris. A la tête de ses établissements, une Thaïlandaise de 42 ans, se faisant appeler Joy. Les enquêteurs de l'Office central pour la répression de l'immigration irrégulière et de l'emploi des étrangers sans titre (Ocriest) ont établi que ces salons de relaxation abritaient en réalité des activités de prostitution. Avec en moyenne près de 500 clients par mois, le chiffre d'affaire mensuel de cette petite entreprise est estimé entre 80 et 90.000 euros.

Les écoutes téléphoniques réalisées dans le cadre de l'enquête ne laissent en fait aucun doute. A chaque coup de téléphone de client, la masseuse à l'autre bout du fil répétait la même formule, relativement explicite : "je propose massage body-body, douche ensemble, finition manuelle". Une source proche du dossier rapporte également dans les colonnes du quotidien que "d'autres types de prestations sexuelles" ont été réalisées par ces "masseuses" d'un genre particulier.  

Un système bien "huilé". L'enquête a également mis au jour une combine qui permettait aux travailleuses de ces salons, en situation irrégulières, de passer entre les mailles des contrôles d'identité. C'est là que le policier de la DSPAP est soupçonné d'être intervenu. Agé de 44 ans, l'homme aurait assuré une sorte de "protection" aux masseuses. Moyennant 1.000 euros mensuels dans une enveloppe, il leur fournissait régulièrement des fausses convocations à son service faisant effet de "sauf-conduit" en cas de contrôle par un autre service de police. En perquisitionnant son domicile en avril 2014, les enquêteurs ont retrouvé dix-neuf de ces enveloppes contenues dans un coffre-fort et cachées derrière une hotte de cuisine. Total de ces "bas de laine" : près de 20.000 euros.

Pour sa défense, le fonctionnaire assure que cette forte somme provient de "dons de sa famille" et de ses propres "économies". Quant à ses liens avec les salons de massage fantoche ? Une relation acquise grâce à un "tonton", "un indicateur", censé l'abreuver en renseignements sur le monde souterrain des jeux clandestins. Il devra s'en expliquer devant le tribunal correctionnel de paris du 12 au 18 novembre.