Salah Abdeslam, "une mine d'or pour les enquêteurs"

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L'avocat Thibault de Montbrial était l'invité de David Abiker, samedi, pour parler des suites judiciaires après l'arrestation de Salah Abdeslam, vendredi. 

INTERVIEW

Celui qui détient une grande partie des réponses aux questions sur les attaques du 13 novembre va-t-il partager ses secrets ? L'avocat Thibault de Montbrial, spécialiste de la défense, était l'invité de David Abiker, samedi matin dans "C'est arrivé cette semaine", pour parler de "la mine d'or" que constitue Salah Abdeslam pour les enquêteurs et les magistrats du pôle antiterroriste du parquet de Paris.

"On ne parle pas d'extradition, mais de remise". L'arrestation du logisticien présumé des attentats de Paris est "une très, très bonne nouvelle pour la justice et pour les services de renseignement", déclare-t-il. "On pouvait craindre que Salah Abdeslam ne soit jamais retrouvé vivant", complète Thibault de Montbrial, puisque tous les autres membres des trois commandos du 13 novembre sont morts.

Or, "si M.Abdeslam parle, il va dire des choses qui sont essentielles pour mieux comprendre le fonctionnement des cellules islamistes en Europe", se satisfait le président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure. Et il faut dire que l'enjeu est de taille : "Plus on va en apprendre sur ce qui s'est passé en amont du 13 novembre, plus on a des chances d'anticiper ce qui risque de nous arriver dans les semaines ou les mois qui viennent". 

Abdeslam va-t-il parler ? Toutefois, la clef est de savoir si Salah Abdeslam va accepter de parler et donner des détails sur les opérations. Pour Thibault de Montbrial, cela paraît plausible. "Il s'est dégonflé" le 13 novembre, souligne Thibault de Montbrial, rappelant que la ceinture d'explosifs qu'il portait à été retrouvée dans une poubelle à Montrouge ou encore qu'il a préféré se cacher à Molenbeek, le quartier de son enfance, auprès de proches.

La perspective d'un procès. Mais d'ici combien de temps Salah Abdeslam pourra-t-il être livré par la Belgique à la justice française, pour être auditionné par les juges d'instruction du pôle antiterroriste ? "Dans quelques semaines, quelques petits mois, il sera en France", assure l'avocat. La procédure de remise des suspects entre pays de l'UE a été "considérablement raccourcie avec l'adoption du mandat européen" en 2002, explique-t-il, avant de faire un petit point de droit : "On ne parle donc plus d'extradition, mais de remise".

Et derrière cette remise du Français né à Bruxelles en 1989 se dessine l'espoir d'un procès. D'après Thibault de Montbrial, on peut s'attendre à ce qu'il ait lieu "dans deux ou trois ans". A moins que les juges antiterroristes chargés d’instruire le dossier ne décident "d’attendre de voir si l'on peut remonter jusqu'aux commanditaires, qui sont en Syrie et en Irak", ce qui pourrait repousser de beaucoup le procès, développe l'avocat. 

>> Retrouvez l'intégrale de l'émission de David Abiker, C'est arrivé cette semaine, en cliquant ici.