Saint-Nazaire : une alerte dès 1994

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Saint-Nazaire : une alerte dès 1994
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CHRONO - Retour sur le parcours judiciaire très rempli de cette famille de reclus.

Quel a été le parcours judiciaire du père de famille qui a "séquestré" pendant plusieurs mois sa femme et ses quatre enfants dans un appartement insalubre et plein d'immondices à Saint-Nazaire ? Selon les premiers éléments de l'enquête, cette famille était depuis 19 ans dans le viseur de la justice. Europe1.fr revient sur les dates clés de leur dossier.

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1994, début du suivi. C'est à cette époque que débute pour les enfants du couple un suivi éducatif. Un juge pour enfant se chargera de leur dossier jusqu'en 2000. S'en suit cinq années de tranquillité judiciaire pour les parents avant qu'un second juge soit chargé du suivi des enfants de 2005 à 2008.

2005, ouverture d'une enquête. Les informations collectées par le magistrat et les travailleurs sociaux avaient alors débouché sur une enquête de police, elle-même suivie d'une citation du couple devant le tribunal correctionnel pour "abandon moral et matériel de mineurs". Une qualification identique à celle retenue dans l'enquête qui vient d'être ouverte.

2006, des soupçons d'attouchements. Selon les informations d'Europe 1, un signalement avait alors été opéré par un médecin scolaire concernant la plus jeune des filles du couple. Agée de 13 ans, elle affirmait avoir été victime d'attouchements. Le médecin scolaire a transmis ce signalement au commissariat de police et au parquet de Saint-Nazaire. Après enquête, les soupçons d'attouchements ont finalement été écartés et l'affaire classée sans suite par le parquet.

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2008, une peine de prison jamais purgée. Les parents ne se sont jamais présentés à l'audience de juin 2008 où ils devaient répondre d'abandon moral et matériel de mineurs. Ils avaient été condamnés par défaut à six mois de prison ferme. Selon la procureure de Saint-Nazaire, cette condamnation n'a même pas pu leur être signifiée, la porte de l'appartement restant hermétiquement close lors des passages des policiers ou d'un huissier.

La justice n'est, apparemment, pas allée plus loin. Dans ce cas pourtant, le parquet est censé ordonner l’intervention d’un serrurier, ce qui aurait permis d’écourter sensiblement l’enfermement de la famille.

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© Max PPP

2009, début de l'isolement. Le couple a donc réussi à se faire oublier, sans même faire l'objet d'une inscription au fichier des personnes recherchées. Début de l'enfermement et de l'isolement total.

Samedi 5 janvier 2013, la découverte. C'est parce que la mère a prétexté un malaise samedi que les pompiers ont découvert les conditions de vie insalubres de cette famille. Les volets étaient clos quasi en permanence, des verrous avaient été posés sur les portes depuis l'extérieur. Le logement était rempli d’immondices et était rongé par l’humidité et les moisissures.

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Pour l'avenir, une reconstruction qui sera longue. Les enfants, aujourd'hui âgés de 14 ans, 17 ans, 19 ans et 20 ans, ont été hospitalisés. Ils présentaient de nombreux troubles, dont un retard du développement. La mère a quant à elle été placée en garde à vue lundi et libérée mardi pour rejoindre ses enfants. Le père de 51 ans a été interné dans un hôpital psychiatrique.

Pour Gérard Lopez, le président fondateur de l'Institut de victimologie, le travail de guérison de la famille sera long. "Il va falloir faire suivre une thérapie à toute cette famille, mettre du sens dans tout cela. Ils sont terrorisés, certainement déprimés. Ils ont vécu des choses épouvantables. Ce sont des gens psychotraumatisés qui ont besoin d'une thérapie individuelle et familiale", a-t-il commenté jeudi sur Europe 1.

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