Roubaix : la famille harcelée par des petits trafiquants relogée

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Roubaix : la famille harcelée par des petits trafiquants relogée
La mairie de Roubaix, dans le Nord.@ AFP
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A Roubaix, dans le Nord, une famille, terrorisée par des petits trafiquants, avait décidé de briser l'omerta. Elle devrait bénéficier prochainement d’un logement social.

Ils avaient déposé plainte pour calmer les voyous et même alerté la mairie. Pourtant, une famille de Roubaix, terrorisée par des petits trafiquants depuis plusieurs mois, a été une nouvelle fois victime de menaces. Le week-end dernier, la voiture du couple a été brûlée. La mairie est donc intervenue en urgence pour reloger la famille et ses quatre enfants dans un hôtel de la ville.

Un an de calvaire. Le calvaire de Philippe, Vanessa et de leurs quatre enfants durait depuis un an. Les petits trafiquants ont d’abord commencé par mettre le feu à leur boite aux lettres, avant de casser leur fenêtre, puis de brûler leur voiture. Des actes qui s’accompagnaient d’insultes et de menaces. Plus récemment, le couple a même été cambriolé. Après ces longs mois de cambriolages, d'injures et de jets d'œufs sur leur maison, la famille peut donc enfin souffler.

"Ça fait du bien de les sentir à l’abri". En voyant ses enfants jouer dans le jardin de l'hôtel, Philippe retrouve donc le sourire. "C'est un soulagement, parce que là je vois mes enfants jouer au soleil, sur la pelouse. Ça fait du bien de les sentir à l’abri, parce que cette nuit, ils ont tenté de brûler ma voiture. S'il n'y avait pas eu un voisin anonyme pour nous sauver la vie, parce que la voiture prenait feu, elle aurait explosé avant de brûler la maison. Ça aurait pu être plus grave", estime le père de famille. 

"C'est nous qui devons fuir comme des assassins". Mais pour la famille, être relogé dans un hôtel, n'est pas forcément une solution. Vanessa, la mère de famille, parle même "d'exode" après avoir quitté cette "rue qui nous a bouffé les nerfs". Elle a le sentiment d'avoir perdu la bataille face aux habitants. "C'est encore nous qui devons fuir. C'est fou. Alors que c'est eux les tortionnaires. Ils fument des pétards et c'est nous qui devons fuir comme des assassins, alors qu'on n'a rien fait. Moi, ce qui me retient c'est le sourire de mes gosses, c'est tout. Sinon, on ne peut pas lutter contre ça, ils sont trop nombreux", déplore-t-elle.

Le couple et ses quatre enfants vont dormir à l'hôtel pendant deux jours. Ils rencontreront ensuite le maire de la ville, qui devrait leur proposer un logement social.