Rayhana : "J'ai senti l'essence sur mon visage"

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Rayhana : "J'ai senti l'essence sur mon visage"
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L’auteure et comédienne Rayhana est revenue sur son agression mardi soir à Paris.

Alors qu'elle se rendait à la Maison des Métallos à Paris, où elle joue actuellement sa pièce A mon âge, je me cache encore pour fumer, l’auteure et comédienne d’origine algérienne Rayhana a été agressée et aspergée d'essence par deux hommes.

"J'ai senti un homme derrière mon dos, et un jet de liquide sur mon visage. J'ai senti que c'était de l'essence", a raconté l'auteure et comédienne vendredi matin sur Europe 1, au micro de Marc-Olivier Fogiel. Elle a ensuite vu une braise et s'est enfuie, évitant ainsi d'être brulée vive. Rayhana a cherché de l'aide auprès des commerçants du quartier, sans succès. "Je sentais l'essence, les gens m'ont jetée dehors. C'est ce qui m'a le plus choqué."

Rayhana joue depuis le 5 janvier et jusqu'à samedi à la Maison des métallos, en compagnie de huit autres actrices, la pièce qu'elle a écrite A mon âge, je me cache encore pour fumer. Il s'agit d'un spectacle où neuf femmes réunies dans un hammam d’Alger s’expriment librement sur leur condition féminine.

La secrétaire d'Etat à la Ville, Fadela Amara, s’est dit "révoltée par l'agression intolérable" dont a été victime Rayhana. La comédienne doit la rencontrer vendredi, ainsi que Xavier Darcos, Nadine Morano et Frédéric Mitterrand. Ce dernier a exprimé dans une lettre adressée à la dramaturge de 45 ans "tout son soutien et sa sympathie", ainsi que son "admiration" pour son courage: "vous avez tenu malgré tout à monter sur scène". Plus tôt, le Conseil représentatif des associations noires (Cran) avait demandé au Ministre de la Culture de "réagir et de soutenir publiquement la pièce, qui se joue jusqu'au 16 janvier".

"Ni putes ni soumises", l’association dont Fadela Amara a été la présidente jusqu’en juin 2007, a appelé à un rassemblement de soutien, samedi à 17h30 devant la maison des Métallos dans le 11e arrondissement de la capitale.

L'enquête a été confiée à la section antiterroriste de la brigade criminelle selon une source judiciaire, les enquêteurs soupçonnant un lien entre cette agression et la pièce jouée par l'actrice.

Samedi après-midi, soit quelques heures avant la dernière représentation de sa pièce, environ 500 personnes se sont rassemblées devant la Maison des Métallos, en soutien à la comédienne.