Quick attaque un salarié-twitto

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Quick attaque un salarié-twitto
Un salarié d'Avignon, suspendu de ses fonctions en novembre dernier, est poursuivi en justice par Quick pour diffamation.@ Max PPP
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Ce salarié d’un restaurant Quick d’Avignon racontait ses conditions de travail sur le Net.

L’INFO. Il se cachait derrière le pseudo @EquipierQuick pour raconter sur Twitter son quotidien pénible dans un restaurant Quick. Un salarié d'Avignon, suspendu de ses fonctions en  novembre dernier, est désormais poursuivi en justice par la chaîne de restauration rapide pour diffamation.

Des manquements à l’hygiène. Depuis deux mois, cet employé de la chaîne a pointé du doigt notamment de mauvaises conditions de travail, une "pression énorme de la part d'une manager et des manquements à l'hygiène". "On a une plaque pour cuire la viande qui ne fonctionnait qu’une fois sur deux", a-t-il confié au micro d’Europe 1. "Pendant une journée, nous avons servi de la viande à moitié crue",  a précisé le salarié.

Une pression constante. Dans ses premiers tweets, l’employé parlait ainsi de son salaire, de ses horaires et de ses tâches puis évoque des collègues qui "craquent dans les vestiaires" et "pleurent", ou "des menaces quotidiennes, sur certains, de perdre leur CDI". Dans un autre message, il se disait "dégoûté" par des emballages "qui étaient à terre" et ont "été utilisés". @EquipierQuick a tweeté plus de 240 fois et compte plus de 3.000 abonnés.

Quick contre-attaque. De son côté, la direction a considéré "ces propos comme diffamatoires dans la mesure où ils mettent publiquement en cause la réputation de Quick". La chaîne de restauration a assuré que "des audits 'qualité et social'", réalisés dans le restaurant visé, "ont démenti tous les faits dénoncés par le compte @EquipierQuick", a fait savoir un savoir un porte-parole. "Nous avons décidé de diligenter à son égard une procédure de licenciement et une procédure devant le procureur de la République, étant donné qu'il raconte n'importe quoi", a expliqué de son côté Me Reinhart, l'avocat de la chaîne de fast food.

Le salarié persiste et signe. "Je ne suis pas fou", assure-t-il à Europe 1. L’employé affirme d'ailleurs ne pas être seul à dénoncer ces faits. "Mais ça ils ne peuvent pas le savoir car ils ne savent pas avec qui je suis resté en contact", indique-t-il. Avant de préciser : "il y a une dizaine de personnes qui me soutiennent". Il va rassembler ce jeudi ces témoignages chez un huissier et n’entend pas cesser d’écrire sur Twitter. Son compte, lui, est saturé de messages de soutiens.