Ce qu'on sait des trois complices présumés de Sid Ahmed Ghlam

  • A
  • A
Ce qu'on sait des trois complices présumés de Sid Ahmed Ghlam
@ AFP
Partagez sur :

Trois hommes, suspectés d'avoir aidé l'étudiant algérien restaient entendus en garde à vue mardi. L'ADN de l'un d'eux a été retrouvé sur un gilet pare-balles.

L'enquête sur le projet d'attentat terroriste présumé de Sid Ahmed Ghlam progresse. Trois complices présumés de l'étudiant algérien, interpellés entre samedi et dimanche en région parisienne, restaient entendus mardi, après la prolongation de leur garde à vue qui peut durer jusqu'à 96 heures. Quelle est leur degré d'implication dans cette affaire ? "Il est trop tôt à ce stade du dossier pour savoir si l'on est dans le cadre simplement de l'association de malfaiteurs terroristes criminels ou si c'est véritablement de la complicité. Cela va être tout le travail des juges d'instructions de répondre à ces questions",  précisait lundi le procureur de Paris, François Molins sur Europe 1. Que sait-on de ces trois hommes ? Europe 1 fait le point.

Au fil de l'enquête, il apparaît désormais plus clairement que Sid Ahmed Ghlam a agit sur des instructions venant de Syrie et pour le compte d'organisations terroristes. D'autre part, le djihadiste présumé a bénéficié d'une aide, consistant d'abord à lui fournir des véhicules, puis des armes.  

Le rôle du "commanditaire" en Syrie. C'est en quelque sorte le dénominateur commun entre trois des différents suspects de cette affaire. C'est ce (ou ces) mystérieux donneur d'ordres, "pouvant se trouver en Syrie", qui a demandé à Sid Ahmed Ghlam, dans des conversations en ligne, de "cibler particulièrement une église". C'est aussi ce mystérieux contact qui lui a indiqué par SMS où récupérer ses armes et son matériel. C'est ainsi que Sid Ahmed Ghlam s'est procuré son arsenal dans le coffre d'une Renault Mégane volée, puis garée à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, dont la clef était dissimulée dans le garde-boue du véhicule.

Quatre Kalachnikov, un pistolet, un revolver, un gilet pare-balles, un gilet tactique : l'importance de l'arsenal retrouvé dans la voiture personnelle et au domicile de Sid Ahmed Ghlam a très vite amené  les enquêteurs à s'interroger sur les complicités dont a pu bénéficier cet étudiant modeste dans son projet terroriste présumé. Et sur cette piste, cette voiture en forme de cache d'armes semble leur avoir été d'une aide précieuse.

Le premier homme suspecté d'avoir garé la voiture-arsenal. Une empreinte génétique pu être isolée sur le bouton des essuie-glaces de la Mégane volée. Il s'agit de  l'ADN d'un homme de 34 ans, inscrit au Fichier national des empreintes génétiques (Fnaeg). Interpellé samedi matin à Colombes, dans les Hauts-de-Seine, il était toujours entendu mardi par les enquêteurs. Ces derniers cherchent à déterminer s'il a garé la voiture à l'endroit indiqué par le commanditaire et quel était son degré d'implication dans le projet d'attentat. Difficile pour eux de croire qu'il n'était pas au courant des intentions terroristes de Sid Ahmed Ghlam. D'autant que son empreinte génétique a aussi été retrouvée sur un gilet pare-balles, dans le studio parisien de Sid Ahmed Ghlam, situé dans le 13ème arrondissement.

Le second aurait été hébergé par Ghlam. C'est également dans ce studio qu'a été prélevé sur une brosse à cheveux l'ADN d'un homme de 32 ans. Celui-ci a été interpellé dimanche à son domicile de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis. Selon une source proche du dossier, Sid Ahmed Ghlam "a déclaré aux enquêteurs avoir hébergé cet homme une ou deux nuits avant son arrestation".

Le troisième homme apparaît dans conversations cryptées. Le troisième suspect a lui aussi été interpellé dimanche. Il s'agit du gérant d'un garage automobile de de Pierrefitte, en Seine-Saint-Denis. Agé de 33 ans, "il apparaît dans les correspondances électroniques cryptées de Sid Ahmed Ghlam avec ses commanditaires", selon une source proche de l'enquête. Les donneurs d'ordres lui auraient demandé de se rendre dans ce garage pour y acheter une voiture. Mais Sid Ahmed Ahmed Ghlam ne l'a pas fait.

Sid Ahmed Ghlam nie le meurtre d'Aurélie Châtelain. De son côté, selon ses avocats, Sid Ahmed Ghlam conteste vigoureusement les faits qui lui sont reprochés. Il nie notamment l'assassinat le 19 avril à Villejuif d'Aurélie Châtelain, 32 ans, retrouvée morte dans sa voiture. La première et seule victime présumée de Sid Ahmed Ghlam.

>> LIRE AUSSI - Qui est Aurélie, retrouvée morte dans sa voiture en feu ?

>> LIRE AUSSI - Ce qu'on sait de l'attentat évité à Paris