Christian Sainte prend officiellement les rênes du "36"

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Christian Sainte prend officiellement les rênes du "36"
@ AFP
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Il remplace Bernard Petit, mis en examen et suspendu de ses fonctions début février. Nommé en 2012 à la PJ de Marseille, il quitte "l'Evêché" avec un bilan encourageant.

Il est le nouveau patron de la mythique institution qu'est le 36 quai des Orfèvres. Sa nomination avait été annoncée le 5 février dernier, afin de remplacer au pied levé Bernard Petit, inquiété dans l'affaire de violation du secret de l'instruction au sommet de la police judiciaire parisienne. Cette nomination est donc désormais officielle, selon un décret du président de la République publié au Journal officiel jeudi.

Christian Sainte, nommé en 2012 à la PJ de Marseille pour enrayer une spectaculaire dérive criminelle, quitte "l'Evêché" avec un bilan encourageant. Il devra désormais s’atteler à redorer l'image de la police judiciaire parisienne, écornée par plusieurs affaires ces derniers mois, notamment un vol de cocaïne, un viol présumé dans les locaux de la BRI, une des unités d'élite du "36" et plus récemment des soupçons de violation du secret de l'instruction.

Appelé pour enrayer la criminalité à Marseille. Né le 26 janvier 1960 à Amiens, Christian Sainte a effectué toute sa carrière au sein de la direction centrale de la police judiciaire, depuis sa sortie de l'école nationale supérieure de police, à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or en 1986.

Il a occupé son premier poste à la section criminelle du SRPJ de Lille, avant de prendre la tête de la brigade criminelle du SRPJ de Marseille en 1994. Nommé directeur adjoint du SRPJ (service régional de la police judiciaire) d'Ajaccio en 1999, il revient dans la cité phocéenne en 2002 comme directeur inter­régional adjoint de la DIPJ de Marseille. Il retrouve la Corse en 2006, en qualité de directeur de la PJ de l'île.

En 2008, il est nommé directeur de la Sous-direction anti-terroriste (Sdat) avant de revenir une troisième fois à Marseille, en septembre 2012. Son retour dans la cité phocéenne coïncide avec la mise en œuvre d'une nouvelle stratégie et de nouveaux moyens, notamment des renforts de police, annoncés par Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur. Ce dernier l'avait nommé à l'époque pour lutter contre la criminalité sur tout le pourtour méditerranéen, de la frontière italienne à la frontière espagnole.  

Modeste face à ses résultats encourageants. A la tête de la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ), Christian Sainte, a obtenu des résultats encourageants, se félicitant encore récemment du taux de résolution des règlements de compte dans la région de Marseille, avec des mises en examen dans un cas sur deux.

"Il faut rester modeste, rien n'est définitivement gagné", confiait-il. Mais "c'est encourageant, cela tend à valider les options prises il y a deux ans avec des renforts et de nouvelles méthodes de travail. 2015 sera une année intéressante pour cela", prévoyait-il.

Ses équipes sont également impliquées dans le démantèlement des cellules jihadistes dans la région, notamment à Lunel, dans l'Hérault.

"C'est le meilleur DIPJ que j'aie jamais rencontré". Mi-janvier, le procureur de Marseille, Brice Robin, a pu annoncer, pour la deuxième année consécutive, une baisse de la délinquance en 2014 dans la ville, où les faits constatés ont décru de 3,83%. Et le nombre de règlements de compte est resté relativement stable : 15 à Marseille intra-muros contre 14 en 2013, un seul en janvier 2015 au terme d'une accalmie de 6 mois.

Brice Robin ne tarit pas d'éloges sur le patron de la PJ : "c'est le meilleur DIPJ que j'aie jamais rencontré dans ma carrière". Et de vanter "une  grande capacité d'écoute et à prendre des décisions rapidement, ainsi qu'une grande intelligence des situations".  

Apprécié par ses équipes. Pour l'adjointe à la sécurité de la ville de Marseille, Caroline Pozmentier, "c'est un grand bonhomme avec lequel les choses se font dans la simplicité". "C'est quelqu'un avec qui on a pu travailler alors que ce n'est pas le cas de tous les policiers", commente le sociologue Laurent Mucchielli, spécialiste de la délinquance.

Même couronne de lauriers chez les policiers : "un mélange de grand flic, loyal envers l'institution et les collègues", résume David-Olivier Reverdy du syndicat Alliance. Pour un haut responsable, "il doit sa carrière avant tout à ses résultats, et non à ses réseaux". Et de voir, avec l'arrivée d'un provincial au "36", "une bonne chose" car "la préfecture de police a tendance à s'auto-régénérer".

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