Quand des "vétérans" de la police travaillent à résoudre des "cold case"

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Quand des "vétérans" de la police travaillent à résoudre des "cold case"
Photo d'illustration@ AFP
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Ex-policiers ou gendarmes, ils n'ont pas pour autant abandonné leur âme de fin limier. Désormais retraités, ils enquêtent sur des affaires criminelles non résolues.  

Ils se font appeler "les Vétérans". Il y a quelques semaines, le travail d'un groupe d'anciens policiers et gendarmes a permis de rouvrir l'affaire, non résolue, du meurtre d'une lycéenne à Lyon, il y a plus de 20 ans. Le meurtrier de Murielle Théron, violée et étranglée dans le quartier de la Croix-Rousse, n'a jamais été retrouvé, comme le rapporte Le Progrès.

Trouver un élément qui permette de rouvrir le dossier. Chez eux, dans leur salon, ces enquêteurs passionnés épluchent de vieux dossiers afin de permettre la réouverture d'affaires classées. A près de 70 ans, ils ont tous passé leur vie à résoudre des affaires. A l'instar de Patrick Detré, ancien commandant à la police technique et scientifique, désormais à la retraite. Le sexagénaire, qui avoue ainsi "retrouver un petit peu son âme de policier", passe encore ses journées à relire dépositions et interrogatoires.

"Le but est de reprendre toute la procédure, pour trouver quelque chose qui aurait été écarté ou négligé, parfois. Ce sont des enquêtes pour lesquelles, normalement, il n'y aurait plus rien à faire. La difficulté est de retrouver un élément qui permette de rouvrir l'affaire", explique-t-il au micro d'Europe 1.

"Un immense espoir pour les familles". Résoudre l'affaire n'est pas directement leur objectif, explique à Europe 1 Alain Boulay, président de l'association d'Aide aux parents de victimes (APEV), avec laquelle les Vétérans collaborent. L'idée, dit-il, est de donner un second souffle à l'enquête, en pointant du doigt une zone d'ombre : "Ce serait trop beau de trouver directement la personne, même si parfois on peut avoir des idées. L'objectif est surtout d'avoir une étude critique du dossier", indique-t-il.

Surtout, insiste Alain Boulay : "Le fait de proposer que d'anciens policiers relisent des dossiers pour pouvoir relancer l'enquête, c'est bien sûr un immense espoir pour les familles de savoir enfin ce qui est arrivé." Depuis 2001, les "Vétérans" ont ainsi relancé une vingtaine d'enquêtes.