Professeur juif agressé à Marseille : "je n'ai ni colère, ni haine"

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :

Attaqué à coups de machette lundi, à Marseille, Benjamin Amsellem s'est confié à Europe 1. Il dit vivre "une épreuve très difficile".

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Il s'est fait agresser lundi à Marseille par un adolescent armé d'une machette, alors qu'il passait devant la mairie du 9e arrondissement de la cité phocéenne. Benjamin Amsellem, professeur de matières juives à l'Institut franco-hébraïque La Source, tente de se reconstruire, quatre jours après l'agression. 

"Une épreuve difficile". "C'est une épreuve très difficile. Je pense qu'il va me falloir un peu de temps avant de retrouver mes forces", confie-t-il au micro d'Europe 1. Frappé d'abord au dos avant de se retourner, il est toujours convaincu que son agresseur voulait le tuer. "Je n'ai aucun doute là-dessus. J'en suis convaincu", témoigne-t-il. "Je l'avais senti à la force de ses coups et à la détermination qu'il avait."

Entendu sur Europe 1
C'es glaçant, ça fait très froid dans le dos

"J'ai peur". L'adolescent de 15 ans, turc, d'origine kurde, a été mis en examen pour "tentative d'assassinat aggravée". Il a confié avoir honte de ne pas avoir réussi à le tuer. "C'est glaçant, ça fait très froid dans le dos. C'est encore très dur à entendre", explique le professeur de 35 ans. "J'ai peur, pour moi, pour mes enfants, pour ma famille, pour les Français en général et pour la communauté juive." Cependant, il assure qu'il n'a "pas du tout de colère, ni de haine, ni d'envie de vengeance. Je me dis juste que c'est dommage que quelqu'un de cet âge-là, au lieu de construire sa vie, se laisse aller à des choses pareilles."

Une casquette pour cacher sa kippa. Désormais, Benjamin Amsellem préfère porter une casquette par-dessus sa kippa. "C'est un choix personnel, parce que ça me permet d'être rassuré et réconforté. Chacun, je pense, doit se préserver comme il peut. Pour l'instant, c'est mon choix", explique-t-il. "Il faut être vigilant. On ne peut pas tout prévoir ou tout savoir. Il faut faire le maximum pour être fort", estime ce père de cinq jeunes enfants. Pour se reconstruire, il peut en tout cas compter sur l'aide des psychologues de l'association marseillaise d'aide aux victimes AVAD, qui l'accompagnent au quotidien.