Procès du meurtre d’Aurélie Fouquet : la personnalité de Redoine Faïd passée au crible

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Procès du meurtre d’Aurélie Fouquet : la personnalité de Redoine Faïd passée au crible
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Au deuxième jour du procès du meurtre de la jeune policière municipale Aurélie Fouquet, les jurés de la cour d'assises de Paris vont se pencher sur le profil du braqueur médiatique.

Mercredi, Redoine Faïd tient à nouveau la vedette : la cour d'assises de Paris examine, pendant tout l'après-midi, sa personnalité. Au deuxième jour du procès du meurtre de la jeune policière municipale Aurélie Fouquet, les jurés vont en effet se pencher sur le profil du braqueur médiatique, âgé de 43 ans et soi-disant repenti. Depuis le début de l’affaire, l'ex-ennemi public numéro 1 nie toute implication, mais les enquêteurs voient en lui le cerveau du braquage avorté qui a conduit à la mort de la  policière de 26 ans.

"Il est très éloigné de tels sentiments". Dans l'une des plus vastes salles du Palais de justice de Paris, à la mesure d'un procès qui verra pendant sept semaines défiler une centaine de témoins et une vingtaine d'experts, le hasard a assis les prévenus face à la famille de la victime. Au bout d'un banc des parties civiles, toute menue se tient Elisabeth Fouquet, qui a perdu sa fille Aurélie le 20 mai 2010, tombée sous les balles d'un commando de braqueurs à Villiers-sur-Marne, non loin de Paris. Dans le box des accusés, Redoine Faïd, 43 ans, chemise blanche, visage rond barré d'épais sourcils noirs, semble détendu. Celui qui se présente comme "attaché commercial" a été perçu comme "arrogant" par la mère d’Aurélie Fouquet, présente à l’audience.

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© BENOIT PEYRUCQ / AFP


Mais pour Me Christian Saint-Palais, l’avocat de Redoïne Faïd, ce dernier est bien loin de cette posture méprisante perçue par les parties civiles. "Je regrette qu’ils aient eu cette perception, car nous sommes très éloignés de son état d’esprit réel. Ce que l’on a essayé de décrypter sur son visage, qui voulait être une certaine dignité, a été pris, à tort, pour de l’arrogance. Il est très éloigné de tels sentiments à l’égard des parties civiles", insiste l’avocat au micro d’Europe 1. Me Christian Saint-Palais assure même que la mort d’Aurélie Fouquet touche particulièrement Redoine Faïd. "Il s’est présenté devant la cour d’assises avec la même compassion pour la victime que celle qui nous anime. Il a les mêmes sentiments face à la mort d’une jeune femme", affirme le conseil.

"Il n’est en rien impliqué dans cette mort". Et de rappeler que Redoine Faïd n’est pas jugé pour le meurtre d’Aurélie Fouquet. "Je vous assure que Redoine Faïd conteste les faits qui lui sont reprochés. Je vous rappelle qu’il a obtenu un non-lieu concernant la mort d’Aurélie Fouquet, c’est-à-dire qu’il n’est en rien impliqué dans cette mort", rappelle-t-il. S'il n'est pas accusé de meurtre comme Rabia Hideur, Daouda Baba et l'absent Olivier Tracoulat, le "caïd des cités" autoproclamé risque néanmoins la perpétuité, notamment pour "récidive de participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime".

Au vu de la peine encourue, Redoine Faïd est donc dans un état d’esprit tourmenté, selon son avocat. "Je dirai qu’il est tendu. Il est aussi grave, parce que l’enjeu est important", résume Me Christian Saint-Palais. Un enjeu si important que Redoine Faïd a écrit une lettre au président de la cour d’assises qui la lira en préambule de l’audition du braqueur.