Procès du "dentiste de l'horreur" : "les cauchemars sont continuels"

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COMPTE-RENDU - Le procès du Néerlandais Van Nierop, accusé d'avoir mutilé des dizaines de patients entre 2008 et 2012, s'est ouvert mardi devant le tribunal correctionnel de Nevers. 

“Les cauchemars sont continuels, depuis quatre ans”. Nicole Martin, enseignante à la retraite, comptait parmi les nombreuses victimes présentes au premier jour du procès de Jacobus - dit “Mark” - Van Nierop, mardi matin. Le faux dentiste est jugé pour avoir mutilé des dizaines de patients entre 2008 et 2012 à Château-Chinon, dans la Nièvre.

120 victimes. Tassé, l’air hagard, l’homme abruti par les médicaments était bien loin du flamboyant dentiste qui impressionnait ses patients. Et pourtant, ses victimes ont semblé accuser le coup en le renvoyant. L’une d'elles, une femme à qui il a arraché huit dents d’un coup, s’est effondrée en larmes en le revoyant. Accueilli à l’époque comme le messie dans le Morvan, une zone de désert médical, Mark Van Nierop a fait 120 victimes, rassemblées au sein d’un “collectif dentaire” qui a permis la tenue de ce procès. 



Personnalité complexe. Profession ? "Dentiste", a-t-il répondu en français au président du tribunal, Thierry Cellier. La matinée a été consacrée à l’examen de la personnalité du prévenu, complexe. Ce dernier a reconnu n’avoir eu aucune compassion pour ses patients lorsqu’ils avaient mal, car ça lui rappelait rappelait les plaintes de sa mère.

Appât du gain ? Le dentiste souffre d’une “pathologie narcissique majeure”, selon une expertise psychologique lue à l’audience. Un autre expert a toutefois estimé qu’il avait “parfaitement conscience de ses agissements.” Lors d'une audition lue par le président, une ancienne collaboratrice du dentiste avait affirmé qu'il agissait par appât du gain. "Aimez-vous l'argent ?" lui a alors demandé le président. "Pas de commentaire", s'est-il borné à répondre. 

Séquelles. A la barre, une ancienne assistante de Mark Van Nierop a raconté comme le prévenu “mentait à la Sécurité sociale” et prodiguait des soins onéreux aux patients bénéficiant de la couverture médicale universelle (CMU). Dès 2011, la Sécurité sociale avait en effet relevé des problèmes de facturation dans son cabinet.



Dix ans de prison encourus. Beaucoup de ses patients souffrent de séquelles : “Je ne peux pas manger normalement, je bave, et j’ai encore une légère paralysie”, racontait mardi matin Marie-Jo, l’une des parties civiles. Elle a enchaîné abcès et infections après l’intervention de Mark Van Nierop. Pour Maître Joseph-Oudin, avocat du collectif, ce procès doit permettre de "comprendre comment on en est arrivé à un tel fiasco". Mark Van Nierop encourt dix ans de prison et 150 000 euros d’amende. Son procès doit durer jusqu’au 18 mars.