Affaire du Carlton de Lille : DSK relaxé, Kojfer condamné

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Affaire du Carlton de Lille : DSK relaxé, Kojfer condamné
@ AFP
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Dominique Strauss-Kahn, l'ancien patron du FMI était poursuivi dans cette affaire de proxénétisme aggravé qui avait éclaté en 2011 avec 14 prévenus. Un seul d'entre eux a écopé d'une condamnation vendredi. 

L'ESSENTIEL

C'est la fin des péripéties judiciaires de DSK. Le tribunal correctionnel de Lille a relaxé vendredi l'ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) dans l'affaire de proxénétisme dite du Carlton qui avait éclaté en 2011. Finalement, seul René Kojfer, chargé des relations publiques du prestigieux hôtel du nord et considéré comme le pivot de l'affaire, a été condamné parmi les 14 prévenus de ce dossier. Le proxénète Dodo la Saumure est quant à lui également relaxé, ainsi que sa compagne Béatrice Legrain.

• Un dossier complexe, pris dans la tempête médiatique. Avant la lecture du jugement, qui a duré plus de deux heures, le président du tribunal Bernard Lemaire a souligné la "complexité du dossier" et son "impact médiatique" avec "trois volets" et de "nombreuses victimes". Le magistrat a souhaité "expliquer publiquement son jugement". Lors de la lecture de ses motivations, le président du tribunal a évoqué à plusieurs reprises de multiples imprécisions dans l'instruction et les contradictions dans les témoignages de prostituées.

• DSK présent à l'audience. L'ex-patron du FMI était le dernier à se présenter à la barre jeudi. Dominique Strauss-Kahn, le mis en cause le plus célèbre dans cette affaire était arrivé vendredi matin juste avant l'audience ouverte à 11 heures comme prévu. Pendant l'audience, DSK, en costume sombre et cravate à pois, a écouté attentivement la lecture du délibéré, assis au premier rang des 10 prévenus, sur 14, présents.

L'ancien favori du PS pour l'élection présidentielle de 2012 est resté impassible pendant la lecture de son jugement, se contentant de hocher la tête lorsque le président Bernard Lemaire lui a signifié sa relaxe. L'un de ses avocats, Richard Malka, s'est déclaré satisfait au terme de l'audience : "Le château de cartes s'est aujourd'hui effondré. On a voulu faire à tout prix d'un innocent un coupable, ça n'a pas marché."

• Un an avec sursis pour Kojfer. En revanche, le tribunal correctionnel a condamné vendredi à un an de prison avec sursis l'ancien chargé des relations publiques de l'hôtel, René Kojfer. Le tribunal a considéré que René Kojfer, pivot de l'affaire, avait aidé à la prostitution cinq femmes, sans circonstances aggravées de la réunion et d'avoir servi d'intermédiaire avec des clients. Qualifié de "sergent-recuteur de la prostitution lilloise" par le procureur, c'est donc le seul à avoir été reconnu coupable de proxénétisme.

Pour tous les autres prévenus, le tribunal a au contraire estimé qu'ils avaient agi comme de simples "clients". Le commissaire divisionnaire, Jean-Christophe Lagarde, qui a participé à des voyages à Washington à l'époque où DSK y était encore en poste, a aussi été relaxé.

• Relaxe pour le reste du Carlton. La relaxe a d'autre part été prononcée pour les anciens responsables du Carlton. Hervé Franchois et Francis Henrion, respectivement propriétaire et directeur au moment des faits de l'hôtel qui a donné son nom à l'affaire mais où Dominique Strauss-Kahn n'a jamais mis les pieds, sont quant à eux relaxés. Ils étaient soupçonnés d'avoir mis en relation clients et prostituées.

• Dodo la saumure aussi. Dominique Alderweireld, alias "Dodo la Saumure", proxénète de son état, était le seul contre qui de la prison ferme avait été requise dans cette affaire, compte tenu de ses antécédents judiciaires. Lui aussi a été relaxé vendredi.

Propriétaire de plusieurs établissements de prostitution en Belgique le long de la frontière française, il était suspecté d'avoir envoyé depuis le plat pays des prostituées dans la région lilloise, ainsi qu'à Paris et aux États-Unis. Sa compagne et partenaire en affaires, Béatrice Legrain, accusée des mêmes faits, est également relaxée. Le juge Bernard Lemaire a estimé que les infractions n'étaient pas caractérisées.