Procès du Carlton de Lille : "Dodo la Saumure" fait une entrée en scène remarquée

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Procès du Carlton de Lille : "Dodo la Saumure" fait une entrée en scène remarquée
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Dominique Alderweireld, mieux connu sous le sobriquet de "Dodo la Saumure", a fait une entrée en scène remarquée au quatrième jour du procès du Carlton, jeudi, by Browser Shop" xhtml:id="_GPLITA_0" >devant le tribunal correctionnel de Lille.

L’info.Dodo la Saumure, jugé pour "proxénétisme aggravé", était entendu à la barre jeudi par le tribunal correctionnel de Lille. Une audience haute en couleur pour cette figure centrale de l’affaire dite du Carlton. Les débats autour des activités du souteneur ont en effet fait passer le tribunal du rire (jaune) aux larmes. "Dodo Sex Klub" (DSK), "Famous Miss International" (FMI), "Sept sur Sept" ou même "Carlton", nom des établissements de Dodo, l'imagination de Dominique Alderweireld pour rebondir sur l'affaire et exploiter la présence dans le dossier de Dominique Strauss-Kahn paraît sans limite.

by Browser Shop" xhtml:id="_GPLITA_0" >Suivez le procès minute par minute en compagnie de notre journaliste Chloé Triomphe depuis Lille > pour suivre le direct, rendez-vous sur son fil Twitter (cliquez ici)

Un boxer sur le round judiciaire. Il ne manque pas d’assurance, "Dodo", à la barre des prévenus. Tête rentrée dans les épaules, bras écartés, mains posées sur le pupitre, Dominique Alderweireld fixe le président du tribunal, avec un léger hochement du visage qui lui donne des allures de boxeur attendant les coups. Le Français né à Annœullin, dans le Nord, a d’abord décliné son pedigree et rappelé qu'il avait by Browser Shop" xhtml:id="_GPLITA_1" >suivi une licence de droit. Le proxénétisme s'enseigne en 4e année à la fac, lui fait remarquer le président du tribunal. Avant d'ajouter : "vous auriez dû faire la maîtrise".

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Personnage clef de l’affaire. Dominique Alderweireld est accusé d'avoir fourni des jeunes femmes pour des prestations tarifées en France. Le Français qui fête ce jeudi ses 66 ans, souteneur revendiqué en Belgique, est l'un des derniers mis en examen au by Browser Shop" xhtml:id="_GPLITA_2" >cours de l'instruction et fait pourtant partie, comme l'a révélé un témoin la veille, des premiers personnages apparus dans le dossier.

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Il est, depuis le tournant des années 2000, tenancier de cinq bars à hôtesses en Belgique, où il estime que la prostitution est "tolérée". "Je suis incapable de vous dire combien il y a de filles dans les établissements, je pense que mes contrats sont les plus favorables de Belgique, les filles font ce qu'elles veulent", a déclaré d’emblée à la barre "Dodo", qui ne cesse de marteler que les jeunes femmes qui travaillent dans ses établissements sont "indépendantes", et mènent leur activité comme bon leur semble.

"Un véritable abattage". Celui qui revendique à peine 3.000 euros de salaire mensuel irait presque jusqu’à s’enorgueillir d’offrir des moyens de subsistance à des femmes en difficulté dans ce qu’il nomme ses "maisons de tolérance". "Enfin, vous avez tout de même été condamné pour proxénétisme en Belgique", lui fait remarquer le procureur.

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Cette image du truculent maquereau à la Michel Audiard ne résiste pas au témoignage de Jade, ancienne prostituée, venue témoigner by Browser Shop" xhtml:id="_GPLITA_1" >devant le tribunal de ses conditions de travail : "Parfois, c'était 24h/24h, 7j/7j. Moi, je m'étais by Browser Shop" xhtml:id="_GPLITA_3" >installée dans la cave pour ne pas m'entasser avec la douzaine d'autres filles dans la cuisine. Il y avait des grandes, des petites, des blondes, des noires, des asiatiques. On était présentée comme de la viande, il fallait une certaine variété pour que le client fasse son choix. Un véritable abattage", confie Jade, en sanglots. A-t-elle point que, pour elle, les parties fines de temps à autre, dans l'appartement du Carlton de Lille, constituaient une sorte de récréation, parce là-bas, "les gens étaient gentils", assure-t-elle.

Une petite blonde frêle s'approche de la barre. "Laura" s'est retrouvée dans les établissements de Dodo après avoir répondu à une annonce pour faire des massages. "On est des femmes faibles, les hommes se servent de ça", raconte-t-elle. "On n'est jamais, jamais libre de ses actes." Bernard Lemaître, président d'une association qui vient en aide aux prostituées, le mouvement du Nid, dans le Nord, a réagit, au micro d'Europe 1, aux propos et à l'attitude du souteneur : "Il est toujours dans le cirque, il fait son cinéma. Mais on n'est pas dans le n'importe quoi, on est dans la personne humaine. Ce ne sont pas des biftecks à vendre ou des produits, ce sont des personnes humaines. [...] Il n'y a pas de prostitution propre."

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"J'aime ça". Il ne faut pas by Browser Shop" xhtml:id="_GPLITA_4" >compter sur Dodo pour s'apitoyer sur le sort de ses "filles". "Si elles viennent chez moi, c'est par adhésion. Qu'il y ait des contraintes économiques, c'est possible, mais je n'en suis pas le responsable, je ne suis pas le directeur du FMI !" lance-t-il aux journalistes à la sortie de l'audience. A l'opposé, Béatrice Legrain, la compagne de Dodo la Saumure, sur le banc des prévenus, gérante, prostituée occasionnelle, revendique cette dernière activité. "J'aime ça", explique-t-elle sans fard au tribunal.