Procès des "Goodyear" d'Amiens : une relaxe et sept peines de sursis

  • A
  • A
Procès des "Goodyear" d'Amiens : une relaxe et sept peines de sursis
Les huit salariés poursuivis ont été condamné à des peines beaucoup moins lourdes en appel.@ FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
Partagez sur :

Les huit salariés de l'entreprise Goodyear d'Amiens jugés en appel ont obtenu une relaxe totale et sept peines de sursis.

En première instance, ils avaient été condamnés à 24 mois de prison dont neuf ferme. Les huit salariés de Goodyear Amiens, jugés pour avoir séquestré deux cadres de l'usine pendant 30 heures en 2014, avaient fait appel de cette décision qui avait également suscité une vague d'indignation dans le monde syndical et politique. Ils ont été finalement condamnés à des peines beaucoup moins lourdes. La cour d'appel d'Amiens a prononcé mercredi une relaxe totale et sept peines de sursis, ne dépassant pas les douze mois. Une victoire pour les syndicalistes.

Des peines avec sursis. L'avocat général avait requis à l'audience en octobre deux ans avec sursis contre les salariés, poursuivis par le parquet alors que Goodyear et les deux cadres séquestrés avaient retiré leur plainte. Quatre des salariés, dont Mikael Wamen, ex-leader de la CGT de l'usine, ont été reconnus coupables de séquestration et condamnés à 12 mois avec sursis. En revanche, ils ont été relaxés du chef d'accusation de "violences en réunion". À l'inverse, trois salariés ont été relaxés du chef de "séquestration" mais reconnus coupables de "violences en réunion". Deux d'entre eux ont été condamnés à trois mois avec sursis, le troisième à deux mois avec sursis. Le huitième salariés poursuivi, Hassan Boukri, a été totalement relaxé.

Pourvoi en cassation des ex-salariés. L'avocat des ex-salariés a annoncé qu'il allait se pourvoir en cassation. "J'espère que l'objectif qu'on s'était fixé au départ, à savoir obtenir la relaxe pour la totalité des militants syndicaux poursuivis, nous allons finir par l'atteindre et en deux fois: la décision a été prise de se pourvoir en cassation", a déclaré Me Fiodor Rilov à la presse après l'arrêt de la cour d'appel d'Amiens. "Nous allons encore une fois faire la démonstration méticuleuse qu'aucun des militants condamnés n'a à se reprocher un acte quel qu'il soit, susceptible d'être qualifié de délit pénal, nous en sommes convaincus, nous avons les preuves", a poursuivi l'avocat. Il a toutefois pris "acte qu'il y a eu des relaxes". "Sur les faits de séquestration, la moitié des prévenus ont été relaxés. C'est un premier résultat (...)", a-t-il dit.

Une séquestration d'une trentaine d'heures. Les 6 et 7 janvier 2014, le directeur des ressources humaines et le directeur de la production avaient été retenus pendant une trentaine d'heures dans les locaux de l'usine de pneumatiques occupée par quelques dizaines de salariés en colère après l'annonce de la fermeture de ce site de 1.143 salariés.