Procès Bettencourt : Françoise Bettencourt-Meyers et "l’escroc Banier"

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Procès Bettencourt : Françoise Bettencourt-Meyers et "l’escroc Banier"
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La fille de la milliardaire, à l’origine de l’affaire, a témoigné vendredi devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Elle décrit un François-Marie Banier qui a "brisé" sa famille.

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L’affaire Bettencourt, c’est elle. Par sa plainte déposée en  2007 contre François-Marie Banier, Françoise Bettencourt-Meyers, fille de la milliardaire héritière de la L’Oréal, est à l’origine de ce dossier qui défraye la chronique depuis huit ans, jugé depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Entendue vendredi à la barre en tant que partie civile, Françoise Bettencourt-Meyers a dressé un impitoyable portrait de l’ancien confident de sa mère poursuivi pour abus de faiblesse. Elle dépeint un "escroc" qui "brisa une famille pour y régner".

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Au terme d’une première semaine d’audiences consacrée à l’examen des personnalités, le tribunal a également entendu les petits-fils de Liliane. Ils ont décrit une grand-mère "fragile", qui "déraillait" depuis 2006, point de départ des présumés abus de faiblesse, blanchiment ou recel pour lesquels dix hommes sont jugés.

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"Banier est un escroc, il y aura un procès. Nous y voilà"

"C'est une très longue histoire. Une histoire totalement invraisemblable", a lancé d'emblée Françoise Bettencourt, 61 ans, partie civile au procès dont Francçois-Marie Banier est l'un des principaux prévenus, notamment pour des dons, donations, libéralités et contrat d'assurance-vie dépassant 400 millions d'euros et d’autant de "largesses" de la part de Liliane Bettencourt dont il a bénéficié. Elle raconte que son père, André Bettencourt, ministre sous Pompidou, l'avait prévenue peu avant de mourir en 2007. "Banier est un escroc, un jour il y aura un procès. Nous y voilà", relate Françoise Bettencourt.



Vêtue de noir, la fille de la milliardaire a dressé pendant deux heures et demie, d'une voix monocorde où la rancœur se mêlait à la tristesse, un tableau assassin de celui qu'elle accuse d'avoir éloigné sa mère d'elle pour mieux profiter de sa fortune. Liliane Bettencourt, 92 ans, très affaiblie psychiquement et sous tutelle, reste la grande absente de ce procès. "Elle souffre de sa pathologie sévère, mais elle est sereine", a précisé sa fille vendredi.

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La "devise" de Banier : "briser pour régner, briser toute une famille"

"Était-elle sous emprise, sous influence, embobinée, ou les trois à la fois?" s'est interrogée Françoise, décrivant "la présence montée crescendo", à partir de 1993, de l'artiste dans la maison Bettencourt. Et si elle confirme les "relations amicales" qu'il entretenait au début avec sa mère, elle souligne ensuite "son besoin de tout savoir et tout gérer" des affaires de la vieille dame.

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© AFP

Relancée par le président Denis Roucou, Françoise a égrené les jalons de cette dérive : lorsque sa mère lui fit savoir qu'elle ne voulait plus la voir en 2006. Puis lorsqu'un "mandat de protection future" – un contrat choisissant la personne qui s'occupera des affaires de la milliardaire une fois que son état ne le lui permettra plus - est établi, mandatant le médecin Gilles Brücker, dès 2007, sans qu’elle ne ne soit consultée ou informée. "La devise" de Banier, "ce n'était pas diviser pour régner, mais briser pour régner, briser toute une famille ! Une destruction programmée", a confié Françoise Bettencourt, en expliquant avoir porté plainte en décembre 2007, après la mort de son père, pour "protéger" sa mère.

Ses liens financiers avec la comptable Claire Thibout en question

Interrogée sur les plus de 700.000 euros d’indemnités et de prêt versées à l'ex-comptable de Liliane, Claire Thibout, un témoin clef à charge, Françoise Bettencourt a expliqué avoir honoré une demande de son père. Ce dernier aurait pressenti le licenciement de l'employée et Françoise aurait décidé de l’aider dans des difficultés passagères. 

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© AFP

Elle a cependant nié avoir "donné un centime à qui que ce soit" pour obtenir des informations sur ce qui se passait chez sa mère. Même si, c'est vrai, "il y avait deux clans". Et même "si certaines personnes venaient m'expliquer comment (ma mère) était". Jeudi, une ex-secrétaire du gestionnaire de fortune Patrice de Maistre, lui aussi prévenu, l'avait accusée d'avoir acheté des informations venant de la maison de Liliane contre "monnaie sonnante et trébuchante".

"On peut dire qu'elle déraillait"

Les petits-fils de Liliane Bettencourt lui ont ensuite succédé à la barre. Jean-Victor et Nicolas ont évoqué, avec affection et dignité, une grand-mère qui "n'était plus la même" depuis une chute en Espagne en 2006. "On peut dire qu'elle déraillait . Dès septembre 2006, c'est très clair, et après ça a été crescendo jusqu'à maintenant", a ajouté Jean-Victor Meyers, 28 ans.

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Il se rappelle de "plages de lucidité" chez la vieille dame, mais s'interroge sur la possibilité d'être assez lucide pour signer le matin des "actes compliqués" et l'après-midi "ne plus savoir si on est chez soi ou que son mari est décédé..."

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C’est justement ce degré de vulnérabilité ou de lucidité de Liliane Bettencourt au moment des dons ou actes controversés qui sera au cœur de la deuxième semaine de procès. Une semaine décisive donc pour la défense. François-Marie Banier sera cette fois entendu sur les faits, dès lundi.