Procès AZF : réquisitions sévères contre la "morgue" et le "déni" des prévenus

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Procès AZF : réquisitions sévères contre la "morgue" et le "déni" des prévenus
L'explosion le 21 septembre 2001 à Toulouse de l'usine AZF avait fait 29 morts. @ ERIC CABANIS / AFP
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Le parquet général a requis de la prison avec sursis et des amendes de 45.000 et 225.000 euros lors du procès en appel de la catastrophe de l'usine AZF, coûtant la vie à 29 personnes en 2001. 

Huit heures de réquisitoire contre la "morgue" et le "déni". Le parquet général a requis jeudi devant la cour d'appel de Paris de la prison avec sursis et des amendes au troisième procès de la catastrophe AZF dont l'explosion le 21 septembre 2001 à Toulouse avait fait 29 morts

225.000 euros d'amende pour la filiale du groupe Total. Il a estimé devant la cour d'appel de Paris que Serge Biechlin, directeur de l'usine AZF était bien coupable d'"homicides involontaires", et devait à ce titre écoper de trois ans de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende. Une amende de 225.000 euros a été requise contre la société exploitante Grande Paroisse, filiale du groupe Total. C'est peu ou prou à ces peines que l'homme comme l'entreprise avaient été condamnés en 2012 par la cour d'appel de Toulouse, avant que ce jugement ne soit annulé par la Cour de cassation.

Un accident "industriel" et "du travail". L'avocat général Jean-Christophe Crocq a souligné jeudi qu'il aurait pu demander des sanctions plus lourdes pour des fautes selon lui "délibérées". Mais il a estimé que le "délai déraisonnable" entre la catastrophe et ce troisième procès, imputable pour partie selon lui aux services judiciaires, devait profiter aux prévenus. Le premier jugement en appel, qui prévoyait une relaxe en première instance en 2009, avait été cassé en raison du défaut d'impartialité d'une magistrate. Le parquet général a appelé la cour d'appel à "rétablir le lien rompu entre les prévenus enfermés dans le déni" et "la communauté qu'ils ont brisée", en jugeant une bonne fois pour toutes que l'explosion de 2001 était bien un accident industriel et un accident du travail résultant de "fautes lourdes" dans la gestion d'une usine à haut risque.

La défense plaidera la semaine prochaine. Le magistrat a eu des mots durs pour la défense d'AZF, orchestrée selon lui par la maison mère Total, et destinée à susciter un "doute déraisonnable" sur les causes de l'explosion. Il a accusé les prévenus d'avoir fait couler des "larmes de désespoir" par leur "morgue pleinement affichée" et leur a lancé: "Vous aviez le choix de faire autrement." La défense plaidera la semaine prochaine. La cour d'appel prendra ensuite plusieurs semaines avant de rendre sa décision sur la pire catastrophe industrielle de l'histoire récente.