Procès Achoui : quand un commissaire balance

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Procès Achoui : quand un commissaire balance
@ MaxPPP
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Pour se dédouaner d’être le commanditaire du crime, Stéphane Lapeyre a livré des éléments d’enquête.

L’INFO. Quand un commissaire de police balance une balance... La scène, assez peu commune, s'est déroulée jeudi après-midi devant la cour d'assises de Paris lors du procès des auteurs de la tentative d’assassinat visant l’ex-avocat Karim Achoui. Soupçonné par ce dernier d'avoir commandité le crime auprès de l’un de ses indics, le commissaire divisionnaire Stéphane Lapeyre est venu s’expliquer à la barre. Et, fait rarissime, il n'a pas hésité à révéler des secrets d'enquête pour se dédouaner.

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Des révélations troublantes. Le commissaire est ainsi revenu sur ses relations avec Rudy Terranova, l'homme aujourd'hui sur le banc des accusés et suspecté d'avoir tiré sur Karim Achoui le 22 juin 2007. Afin de prouver que cet homme était bien son indic, ce que l’intéressé nie, Stéphane Lapeyre a cité plusieurs affaires, allant même jusqu'à donner des noms de truands que son ex-indic lui aurait livré.

Un double jeu. Questionné par les avocats de Karim Achoui, le commissaire divisionnaire a en revanche botté en touche pour donner la source de l'information qui a permis d'arrêter la bande aujourd’hui jugée.  "Chez les truands, la punition d'un informateur, c'est la peine de mort et je ne souhaite pas qu'il lui arrive malheur. Il joue sa vie", a reconnu le commissaire. Mais, a-t-il justifié, Terranova a "rompu notre contrat" en jouant double jeu avec des suspects qu'il informait des intentions de la police. Dans le box, le tireur, qui nie avoir joué les informateurs, a écouté, prostré, le récit du policier avant de se lever en lançant à la Cour : "depuis le début il ment !".

La défense choquée. La déposition du commissaire Lapeyre a choqué Me Michel Konitz, l'avocat de Ruddy Terranova. "Il est clair qu'après cette déposition du commissaire Lapeyre, ce qui est à craindre, ce n'est pas tant le verdict que la chronique d'une condamnation annoncée", s'insurge-t-il. "Indiquer que Terranova était son indicateur, admettons, mais préciser qu'il a donné telle affaire, c'est une condamnation. Donc, on a assisté à ce qui me paraissait être un règlement de comptes", a-t-il précisé. Avant de conclure : "lorsqu'il dit que Terranova a donné des renseignements sur tel milieu ou telle personne, il sait qu'il y a un risque physique fatal pour sa personne".