Policier tué : erreur d’identification

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Policier tué : erreur d’identification
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Les 5 hommes présentés comme des terroristes de l'ETA sur une vidéo sont en fait des pompiers.

L’appel à témoins lancé vendredi pour faire progresser l’enquête sur la mort mardi soir du brigadier-chef Jean-Serge Nerin n'a plus lieu d'être. Il y a eu méprise sur les suspects présumés reconnus sur des images vidéo d’un supermarché. Les cinq hommes identifiés comme des membres présumés de l'ETA impliqués dans le meurtre du policier français à Dammarie-les-Lys, au sud-est de Paris, sont en fait des pompiers catalans en vacances en France. L'information a été confirmée samedi matin par une porte-parole du gouvernement de Catalogne.

Les cinq pompiers d'origine espagnole qui séjournaient en France pour pratiquer de l'escalade. Ils n'ont donc rien à voir avec l'organisation terroriste. La veille du meurtre du policier, ils étaient simplement allés faire leurs courses dans un supermarché de Dammarie-les-Lys. Les jeunes hommes ont été reconnus par leurs familles, affolées en voyant leurs images ainsi diffusées dans les médias français mais aussi espagnols. Ils ont alors averti les services du gouvernement régional catalan. Les pompiers se sont manifestés auprès des autorités françaises.

La France et l'Espagne ont publié vendredi ces images à la suite du meurtre mardi soir d'un policier français lors d'une fusillade avec des membres présumés de l'organisation basque ETA qui venaient de voler des véhicules près de Paris. Les images, filmées un jour avant le meurtre, montrent cinq jeunes hommes à l'entrée du supermarché, l'un deux poussant un chariot. Un communiqué de la police espagnole décrivait vendredi les cinq hommes comme des "terroristes de l'ETA" et avait appelé la population à "coopérer pour les identifier et les trouver".

Pourquoi cette erreur ?

Deux éléments réunis ont apparemment conduit le procureur de Paris à lancer cet appel à témoins et à diffuser les images dans les médias, selon les informations d'Europe 1. D'abord, les trois policiers de Dammarie-les-Lys présents sur les lieux de la fusillade ont formellement reconnu ou du moins ont cru reconnaître plusieurs membres du commando sur les images de vidéo. Par ailleurs, sur ces images, les services espagnols ont identifié ou ont cru identifier un haut responsable de l'appareil militaire de l'ETA.

Trop de précipitation :

Le ministre espagnol de l'Intérieur a reconnu samedi une "erreur" concernant la diffusion de la vidéo dans le cadre de l'enquête et a admis qu'on "aurait pu faire mieux".

Les meurtriers recherchés

Les tueurs présumés du policier français sont toujours recherchés. La police française a arrêté l’un des membres du commando basque, un homme de 27 ans qui s'est identifié lui-même comme un membre de l'ETA. Il a été déféré samedi soir au parquet de Paris qui a ouvert une information judiciaire pour homicide aggravé.

Parmi les hommes recherchés : Arkaïtz Aguirregabiria-Del-Barrio. Présenté comme un haut responsable de l’appareil militaire de l’ETA, il a été reconnu par un témoin du vol de voitures précédant le meurtre du policier français mardi soir, selon des informations Europe 1. Il a été confondu dans un catalogue de photos de membres de l’ETA qui font l’objet d’un mandat d’arrêt par l'employé du garage dépôt-vente.

Agé de 52 ans, le policier français est le premier membre des forces de l'ordre françaises tué par l'ETA en 41 ans de lutte armée, qui a fait 828 morts en Espagne. La France constitue la principale base-arrière d'ETA, où l'organisation entrepose notamment son matériel. Elle s'y rend responsable de vols de véhicules, d'armes ou d'explosifs, utilisés pour des opérations en Espagne, mais elle n'a jamais visé directement les intérêts français.

Les obsèques se dérouleront mardi

Le président français Nicolas Sarkozy aura un déjeuner de travail mardi avec le Premier ministre espagnol Jose Luis Zapatero. Il se tiendra après la cérémonie d'obsèques du policier à laquelle tous deux assisteront.

Trente-quatre membres présumés de l’ETA ont été interpellés depuis le début 2010, dont sept en France, selon le ministère espagnol de l'Intérieur. Plusieurs de ses chefs présumés ont été arrêtés ces derniers mois ou ces dernières années en France.