Place de la République : fleurs et bougies transformées en projectiles, "c'est inacceptable"

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Place de la République : fleurs et bougies transformées en projectiles, "c'est inacceptable"
Parmi les projectiles ramassés place de la République par les forces de l'ordre, des bougies.@ Préfecture de police
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Dimanche, des manifestants ont utilisé des objets déposés en mémoire des victimes des attentats pour viser la police. Un comportement qui a suscité l'indignation.

La condamnation a été unanime. Dimanche après-midi, certains manifestants cagoulés ou masqués et vêtus de noir, réunis pour protester contre la COP21, se sont servi, pour viser les CRS, d'objets déposés sur le mémorial improvisé après les attentats, place de la République, dans le 11e arrondissement de la capitale. Selon le préfet de police Michel Cadot, ces "petits groupes violents" s'en sont pris aux forces de l'ordre avec des "projectiles" notamment comme des "bougies".

"Aucun respect pour les morts". Dimanche, en fin de journée, Nouria tente de réparer les dégâts place de la République. Un sac poubelle à la main, elle ramasse les objets brisés et remplace les fleurs et les bougies disparues. "Ces gens n'ont aucun respect pour les morts", déplore-t-elle, après avoir essayé, en vain, "de les en empêcher". Cette quinquagénaire vient trois fois par semaine pour entretenir ce mémorial éphémère constitué de fleurs, de petits mots et de drapeaux.



Bougies, messages, fleurs. A l'instar de Bertrand Boulet, membre du collectif "17 plus jamais". "On était ici à 30 mètres et on a vu des projectiles arriver", rapporte ce bénévole qui œuvre, lui aussi, à la bonne tenue de ce lieu de recueillement spontané. Au pied de la statue de la République s'accumulent, depuis les attentats de janvier, et de nouveau depuis ceux du 13 novembre, "toutes les marques de sympathie et les témoignages que les gens de France et du monde entier déposent jour après jour", raconte-t-il.

"Inacceptable". "Moi, ce qui m'a scandalisé, c'est que des bougies, des cadres, des peluches, roulaient dans nos pieds", précise cet homme qui vient toutes les semaines entretenir cette place symbolique, devenue lieu de recueillement.  Des objets qui, pour Bertrand Boulet, "appartiennent à la mémoire des victimes". "On n'utilise pas les objets qui sont utilisés en mémoire des victimes comme projectiles contre les forces de l'ordre. Je trouve cela inacceptable", conclut-il.





"Cracher sur les morts". Certains des passants, choqués, ont même été jusqu'à parler de "profanation". Serena, 18 ans, elle, cherche désespérément près de la statue la bougie marron à paillettes qu'elle est venue  déposer, il y a quelques jours pour une amie ayant perdu un proche lors des attaques du vendredi 13 novembre. "C'est désolant, c'est censé être un lieu de recueillement", déclare-t-elle, affligée. "De quel droit peut-on ainsi cracher sur les morts, cracher sur leur mémoire ?", s'insurge Laurène, une manifestante de 19 ans. "Cette semaine, j'ai vu un père venu exprès des États-Unis pour déposer une bougie pour sa fille tuée au Bataclan", raconte cette étudiante.



"Indigne". Du côté des politiques, la condamnation ne s'est pas faite attendre. D'une même voix, dimanche, François Hollande et son Premier ministre Manuel Valls ont qualifié "d'indignes" ces incidents. Sur son compte Twitter, le Premier ministre a ainsi rappelé : "Respecter ce lieu, c'est respecter la mémoire des victimes". Des échauffourées en marge du rassemblement face auxquels le ministre de l'Intérieur a quant à lui affiché sa détermination, condamnant "avec la plus grande fermeté" ces violences. Mais Bernard Cazeneuve a toutefois tenu à ne pas faire l'amalgame entre manifestants de "bonne foi" et les activistes violents.



317 gardes à vues. Lundi matin, le bilan des interpellations suite à ce rassemblement émaillé de violence s'élevait ainsi à 341 interpellations, dont 317 soldées par des gardes à vue.