Perpignan : un ex-instituteur condamné pour agressions sexuelles

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Perpignan : un ex-instituteur condamné pour agressions sexuelles
@ AFP
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Un enseignant retraité a été condamné à deux ans de prison, dont 15 mois avec sursis, pour des agressions sexuelles sur deux élèves.

L'info. Un ancien instituteur a été condamné, jeudi, à deux ans de prison dont 15 mois avec sursis, pour agressions sexuelles sur deux élèves de moins de dix ans, à Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales. 

Il "pinçait le zizi" de ses élèves. Lorsque l'enseignant avait été placé en garde à vue en 2011, il avait reconnu les faits relatés par deux élèves de CP de l'école primaire de Perpignan où il exerçait. Les petites victimes avaient raconté que le maître avait l'habitude de mettre sa main dans leur pantalon. L'enseignant les prenait sur ses genoux pour les faire dessiner et avait instauré un jeu selon lequel si l'enfant répondait "oui", il lui donnait "un bisou" et, s'il disait "non", il lui "pinçait le zizi". Lors de son audition, l'instituteur avait également avoué aux enquêteurs avoir eu des gestes déplacés sept ans plus tôt, avec un troisième garçon, déficient mental, dans un établissement pour enfants handicapés.

Neuf mois de prison ferme et une obligation de soins. Si l'accusé a été relaxé, jeudi, pour ce troisième enfant, handicapé, il a en revanche été reconnu coupable pour les agressions sexuelles contre les deux enfants. Les deux victimes ont reçu chacune 1.000 euros de dommages et intérêts et leurs parents 500 euros chacun. Outre ses deux ans de prison dont 15 mois avec sursis et mise à l'épreuve, l'homme âgé de 60 ans a "l'obligation de soins pour son addiction à l'alcoolisme avec un traitement psychologique". Une interdiction définitive d'exercer une activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact habituel avec des mineurs a également été prononcée à son encontre. Lors de son réquisitoire, le procureur avait demandé la même peine.

L'Education nationale pointée du doigt. La carrière de ce fonctionnaire avait été émaillée d'alertes et de mises à pied. "Il manque des responsables à la barre de ce tribunal. L'Éducation nationale était au courant et n'a rien fait", avait lancé l'un des avocats des familles, constituées partie civile, Me Ramounet Valls. Car si le casier judiciaire de l'enseignant ne portait aucune condamnation, des difficultés avaient été signalées à l'inspection académique. Le fonctionnaire de l'Education nationale avait également écopé d'une mise à pied, après un signalement du procureur relatif à une plainte pour attouchements dans le dortoir de jeunes filles d'un établissement où il était veilleur de nuit. Mais le président du tribunal a toutefois tempéré à l'audience, le 2 avril dernier : "On n'est pas là pour juger l'Éducation nationale, même si les rapports montrent depuis 1996 que tout le monde savait qu'il avait des soucis d'alcoolisation et de comportement avec les enfants". 

Deux autres affaires. Les ministères de la Justice et de l'Éducation nationale mènent actuellement une enquête administrative sur des "dysfonctionnements" mis en évidence dans deux affaires récentes. En effet, un directeur de l'école primaire de Villefontaine, dans l'Isère, a été mis en examen pour les viols de onze élèves et un professeur de sport d'un collège d'Orgères, en Ille-et-Vilaine, est poursuivi pour agression sexuelle "dans le contexte familial". Pourtant, tous deux avaient déjà été condamnés pour détention d'images pédopornographiques.

Les recteurs d'académie briefés par les procureurs. Après ces récentes affaires de pédophilie en milieu scolaire, une rencontre exceptionnelle a eu lieu, mercredi après midi, dans un amphithéâtre de la Sorbonne, à Paris : procureurs généraux et recteurs d'académie ont échangé sur la nécessité de transmettre des informations de la justice à l'éducation en cas de condamnation d'enseignants pour pédophilie. A cet effet, les procureurs ont notamment expliqué comment fonctionne un casier judiciaire, qui doit figurer au fichier des délinquants sexuels, etc.

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