Pédophilie : "Ce n’était pas l’omerta de l’Eglise mais celle de la société tout entière"

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :

Monseigneur Olivier Ribadeau-Dumas, secrétaire général de la Conférence des Evêques de France, est revenu sur les affaires de pédophilie qui agitent l'Eglise.

INTERVIEW

"Le dieu auquel nous croyons n'est pas un dieu qui veut le mal des enfants." Monseigneur Olivier Ribadeau, secrétaire général de la Conférence des Evêques de France a tenu à le réaffirmer sur Europe 1 ce mercredi, alors que le cardinal Barbarin est accusé d'avoir fermé les yeux sur les agissements de prêtres pédophiles.

"La pédophilie est un drame". Les Evêques de France, actuellement réunis à Lourdes, apportent par ailleurs leur soutien à l'archevêque de Lyon qui s'est refusé à démissionner. "Les évêques ont redit hier (mardi) avec une grande conviction et une immense douleur combien la pédophilie était un drame immense, combien ils savaient que leurs vies semblaient détruites, mais je ne sais pas si le retrait du cardinal Barbarin suffirait à alléger une souffrance qui est énorme", note Olivier Ribadeau-Dumas. 

Plus d'omerta aujourd'hui. Les victimes du père Bernard Preynat ont dénoncé l'omerta qui sévissait au sein de l'Eglise, une époque révolue selon Olivier Ribadeau-Dumas. "Je crois vraiment qu’aujourd’hui il n’y en a pas. Sans doute il y a 30 ans, pas parce qu’on pensait que ça préserverait l’Eglise mais parce que les familles elles-mêmes disaient parfois qu’il ne fallait pas faire quelque chose contre ce prêtre, parce que ce prêtre était aimé des gens. Cette omerta, elle n’était pas que celle de l’Eglise, c’était celle de la société tout entière." 

"La douleur ne se prescrit jamais". Alors que plusieurs plaintes ont été déposées contre le cardinal Barbarin, certains faits sont désormais prescrits contre les prêtres. Une prescription qui ne change rien à la responsabilité de l'Eglise, estime Olivier Ribadeau-Dumas. "La douleur ne se prescrit jamais. Au-delà d'une prescription et du respect des droits, il y a une responsabilité morale et pastorale qui n'a pas de prescription", assure-t-il.